AmbitionIl est facile et courant d'entendre que, pour faire réussir une entreprise, il faut lui donner une " ambition forte".

Malheureusement, une fois dit ça, on se trompe aussi souvent sur ce que veut vraiment dire une " ambition" pour une entreprise, et quelle formulation de cette ambition est la plus à même de la faire réussir.

Je trouve dans l'ouvrage d'Olivier Vassal, " Quand le don de soi ne va plus de soi…", quelques éléments de réponse intéressants.

" Issu du latin ambire, "entourer", l'étymologie de ce mot n'est pas anodine. Affirmer une ambition ce n'est pas fixer quelques grands objectifs, aussi "ambitieux" soient ils. C'est englober dans un ensemble cohérent la raison d'être ( ce que je suis, et pourquoi j'existe, ce à quoi je crois) et la vision (comment je vois le monde). C'est à sa capacité à relier qu'on juge la valeur d'une ambition*;

Et pour définir ce qui fait d'une ambition un vrai levier de changement, Olivier Vassal nous livre trois caractéristiques qui font une "bonne" ambition :

 " 1. Elle est attrayante, et ceci quels que soient les publics auxquels elle s'adresse. A cette fin elle dépasse forcément l'expression d'un couple croissance/rentabilité.

2. Elle est claire, simple à saisir comme à exprimer. Dans ce cadre, il faut veiller à lui donner un contenu concret et éviter les expressions toutes faites. Plus que les mots utilisés, ce qui est important c'est la crédibilité qu'on leur attache. Il faut bannir toute ambiguïté, donner une direction claire qui ne nécessite pas d'explications alambiquées.

3. Enfin, elle est réaliste car étayée, et n'est en rien un acte de foi qui prendrait l'interne en otage. Elle est par contre un véritable engagement qui s'impose à tous et ne souffre pas d'exception".

Ces qualicatifs, claire, simple, engageante, réaliste, ont de quoi rendre ambitieux sur l'ambition.

Ceux qui n'y arrivent pas trop sont ceux qui croient berner leur monde avec des mots creux, et qui n'expriment pour leur entreprise que des objectifs de chiffre d'affaire, de rentabilité, de taux de croissance.

Tous ces objectifs sont certes utiles pour mesurer les progrès, mais ne permettent pas à eux-seuls d'affronter les difficultés, les échecs, les découragements, ni d'entraîner les collaborateurs. Car si les objectifs peuvent rendre responsables les collaborateurs, ils ne parviendront jamais à les impliquer. C'est toute la différence, comme le dit Olivier Vassal dans son livre, entre fonctionner et construire.

A l'heure où l'on se demande, dans nos entreprises, ce qui va se passer en 2012, c'est peut-être le bon moment d'aller revoir nos ambitions, notre raison d'être, et de réaffrimer une vision.

Car une bonne ambition, si l'on en croit la source étymologique, c'est le meilleur moyen de bien " s'entourer".

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