• EnnuiL'innovation, ça marche fort en ce moment. Jonathan Salem Baskin désigne dans Forbes l'année 2014 comme "l'année de l'innovation". . Il cite des références américaines, mais on pourrait trouver les mêmes en Europe : on ne compte plus les "prix de l"innovation", même à Paris, les concours d'innovation. Et aussi les palmarès dans les médias : l'entreprise la plus innovante, les produits les plus innovants, n'en jetez-plus.

    Et dans les entreprises, les Villes, on nomme des "Directeurs de l'Innovation". Et on pourrait passer chaque jour dans une nouvelle "conférence de l'innovation".

    Le hic, dont parle Jonathan Salem Baskin, c'est que le public ne suit pas. Les vrais clients, ceux qui achètent, ou pas, les services et les produits, disent que ce qu'on leur présente comme des innovations sont des trucs qui ne servent à rien, et qu'ils ne veulent pas acheter.

    Pour que l'innovation soit réelle, il faudrait peut-être finalement arrêter de parler d'innovation (un conseil pour 2015), et revenir au "Pourquoi ?" – l'amélioration de la vie du client – et du "Comment ?" – Comment le produit ou le service améliore ma vie – plutôt que de mettre en avant uniquement des technologies.

    Car si l'innovation consiste à aller répondre à de nouveaux marchés et clients (ceux qui ne sont pas clients aujourd'hui), il faut apprendre à éviter les "pièges de l'océan rouge". C'est le sujet de l'article de W. Chan Kim et Renée Mauborgne dans HBR de mars.  Ce sont les auteurs de ce best seller "Océan Bleu" il y a 10 ans environ, et qui publient une nouvelle mise à jour en 2015, "Expanded Edition", avec de nouveaux cas. 

    L'océan rouge, c'est celui de la compétition pour se bagarrer pour conquérir les clients (c'est l'océan rouge parce que cette guerre entre compétiteurs laisse du sang dans l'eau de la mer; c'est l'eau du bord. L'océan bleu, c'est l'océan des nouveaux marchés, au large, où l'eau est toute bleue, et les compétiteurs inexistants. C'est là où les auteurs veulent nous apprendre à aller nager, forcément. 

    Parmi les pièges de l'océan rouge (l'article de HBR en cite six), il y a justement ce risque de confondre l'innovation technologique avec une vraie stratégie de création de nouveau marché. Les produits et services qui trouvent ces nouveaux marchés ne sont pas nécessairement ceux qui sont les plus sophistiqués en technologies, mais ceux qui sont simples à utiliser, qui sont les plus "fun", et qui sont les plus productifs pour le client, qui en tombe amoureux. 

    Exemple de produit super techno qui n'a pas réussi cette équation : le Segway. Super système de transport, excellente technologie. Mais plutôt cher, et qui pose des questions : Comment je vais le transporter? Comment et où je vais le garer?  Les ventes ont été décevantes, et l'entreprise vendue en 2009. 

    Inversement, si ÜBER marche bien, ce n'est pas uniquement grâce à la technologie de l'application, mais d'abord parce que le service est simple, et répond à un problème.

    Encore une démonstration que le succès ou l'échec d'un business est rarement déterminé par la qualité de la technologie.

    Alors, messieurs et mesdames les innovateurs, pour 2015, promis : vous nous nous parlez moins de Techno et d' "innovation" ? Et un peu plus de fun, de simple, de ce qui va rendre la vie encore meilleure? 

    Et alors vous aurez mon amour.

    L'innovation ou l'amour : On ne veut pas choisir !

  • ChataubureauA partir d'un certain niveau dans la hiérarchie les cadres s'installent dans le confort. Ils ont des habitudes, des routines, qui les rendent moins performants.

    Pour éviter ça, Christophe de Maistre, Président de Siemens France, a livré son secret hier à Vincent Beaufils qui l'interviewait, et aux HEC présents aux "Matins HEC" : Il a supprimé, au Siège de Siemens France, qui héberge 1300 collaborateurs, les bureaux individuels. Il n'en reste plus que 15 (dont le sien j'imagine), au lieu de 70 à son arrivée. Soit à peine 1% ! Il ne nous a pas dit à quelle enseigne étaient logés les autres.

    Ces quinze chats du siège doivent faire des envieux.

    Cette histoire de transparence, de fluidité, de tous les bienfaits d'ouvrir les bureaux, j'en ai déjà parlé ICI

    J'ai découvert un nouvel adepte. 

    L'idée est de mettre en concurrence visible les salariés qui travaillent ainsi à découvert, en se mobilisant en groupe et en équipe, comme dans une guerilla. 

    Pour ceux qui auraient du mal à supporter il reste le kit de survie en open space ( Cubicle Survival kit que l'on peut acheter ICI). Tout est prévu : une paire de bouchons d'oreilles, une pince à linge pour les odeurs des restes de repas d'à côté, un panneau "Repassez plus tard !" pour les perturbateurs, et merveille des merveilles, un rétroviseur panoramique pour repérer l'approche du chef…

    Quand on parle de bureaux partagés et d'Open Space, Dilbert n'est jamais bien loin….

    Dilbert

  • PatrouilleDiriger, être leader, c'est une question de rythme et de musique ?

    Comment se synchroniser?

    Est-ce qu'un pilote d'avion peut nous donner des secrets de leadership?

    Et si en plus c'est le Leader de la Patrouille de France.

    C'est le sujet de ma chronique sur Envie d'Entreprendre ICI.

    Allez-y en cadence !

  • Innovation123Pour innover, l'observation des signaux faibles, des changements d'habitudes, de consommation, sont des sources d'inspirations inépuisables.

    Par exemple cette information reprise par Les Echos, un sondage en ligne IPSOS de 2013 : plus de la moitié des 18-24 ans s'épilent ou se rasent une partie du corps. Voilà une bonne nouvelle pour Gillette, alors que l'on constate que de plus en plus d'hommes portent la barbe. Et c'est comme ça que Gillette invente le "Gillette Body", un rasoir spécial pour raser le corps, et il y a même un gel spécial pour se livrer à l'opération.

    Passons au maquillage. Dans le "cahier de tendances de l'Obs", on apprend, dans un article signé Charlène Favry,  que le maquillage, les femmes n'en veulent plus : " elles revendiquent une nouvelle authenticité, une féminité plus singulière, plus audacieuse aussi" (selon Pierre Bisseuil, directeur de recherche de l'agence Peclers Paris). Ce qui marche de mieux en mieux c'est le maquillage pour hommes. Tom Ford et Marc Jacobs lancent du maquillage spécial pour "les mâles post-métrosexuels", ceux qui ont appris à prendre soin d'eux en se laissant pousser la barbe. 

    Ce marché reste une niche mais se développe de plus en plus; Selon Tom Ford, " même les rappeurs deviennent ultra-coquets !".

    Cette tendance qui inspire l'innovation et de nouveaux produits, c'est la "gender confusion", un moyen "d’affirmer son identité, sa singularité, sa force, en sortant des catégorisations binaires habituelles".

    Innovation en épilation et maquillage : Rayon Hommes !

  • Reinventing-Organizations1C'est une évidence : au fil du temps les organisations, des institutions, des entreprises, changent.Mais les modèles ne se substituent pas les uns aux autres brutalement; ils évoluent. Certaines organisations restent sur des modèles anciens, d'autres cherchent de nouveaux modèles.

    Frédéric Laloux en dresse un panorama historique intéressant dans son livre " Reinventing organizations – A guide to creating organizations inspired by the next stage of human counsciousness". 

    En gros, l'évolution qu'il met en évidence c'est le passage d'organisations où le chef décide tout et tient les troupes (on trouve ça encore aujourd'hui dans des organisations comme la mafia, ou les gangs de rues), à un modèle qui encourage l' "empowerment" , la prise d'initiative, la motivation des employés, et le partage de valeurs culturelles. 

    Entre les deux, le modèle dominant, celui des grands groupes et des multinationales, c'est le modèle du management par objectifs, de l'innovation, du pilotage de la performance, de la méritocratie. Dans ce modèle, on cherche en permanence l'amélioration des performances, individuelles mais aussi collectives, en optimisant les process, en éliminant le gaspillage, en promouvant les structure "projet" qui feront les innovations. C'est l'organisation où l'on fixe des objectifs par le haut, et que l'on contrôle, en laissant plus ou moins d'autonomie sur le comment.

    Ce modèle dominant marche encore plutôt bien, et pourtant on sent une aspiration qui monte, notamment parmi les employés, mais aussi certains dirigeants, à vouloir passer à un autre modèle, plus "inspiré", mais on peine un peu à le définir exactement. C'est tout l'objet de ce livre.

    Mais pourquoi, finalement, voudrait-on passer à un autre modèle? Qu'est-ce qui ne va pas dans ce modèle des multinationales, que l'auteur appelle " Orange organizations" (il donne une couleur à chaque modèle du rouge jusqu'au vert – le vert c'est le modèle "inspiré"), et même au-delà du vert (il l'appelle TEAL organizations, c'est la couleur turquoise ou bleu sarcelle des ailes du papillon ).

    Car on ne change pas de modèle juste pour changer, ou parce qu'un consultant vous en a parlé. On change de modèle parce que des zones d'ombre apparaissent dans le modèle existant.

    Première ombre : la tendance à "l'innovation folle". L'innovation à tout prix conduit parfois à créer des faux besoins, plutôt que d'en satisfaire de réels. Elle entretient ainsi l'illusion que en offrant plus – posséder plus, plus de la dernière mode, un plus beau corps – on sera plus heureux. Et l'on en arrive à s'apercevoir que l'économie basée sur ces besoins fabriqués ne peut pas être durable, tant d'un point de vue financier que d'un point de vue écologique. C'est une situation où l'on court après la croissance dans le seul but de la croissance. Et les organisations qui ne se structurent que dans ce seul objectif nous paraissent inadéquates, et frustrantes. Elles nous semblent vides de sens.

    Autre ombre qui vient faire douter : le succès est mesuré seulement en termes d'argent et de reconnaissance. Dans ces organisations où seuls comptent la croissance et le profit, où le succès de la vie professionnelle c'est d'arriver au sommet, les collaborateurs font de plus en plus l'expérience d'un sentiment de vide dans leur vie. Le malaise le plus fort apparaît chez ces collaborateurs qui ont joué à ce jeu du succès pendant plusieurs années, dix ou vingt ans, et qui s'aperçoivent qu'ils n'arriveront pas à ce sommet, ou bien que les sommets qu'ils atteignent ne leur apportent plus assez de satisfactions.

    Alors que l'organisation construite pour l'entreprise, et ses systèmes de "motivation", devraient permettre expression de soi et sentiment de complétude, c'est l'inverse qui se produit de plus en plus, Ayant traversé les objectifs chiffrés, les jalons et les "deadlines" des projets, et encore un autre programme de changement, les initiatives transverses et cross-fonctionnelles en tous genres, certaines personnes commencent à douter de la signification de tout cela, et aimeraient autre chose.

    Ce qui fait l'ombre des organisations modernes est l'avidité individuelle et collective qui s'y développe. Ainsi un petit nombre de dirigeants s'octroient des rémunérations de plus en plus élevées, ils mettent en oeuvre des actions de lobbying auprès des pouvoirs publics pour obtenir des réglementations favorables; ils lancent des projets d'acquisitions et de fusions pour dominer leur industrie, et pouvoir exercer, et abuser de, leur pouvoir sur les clients, les fournisseurs, et même les employés.

    Ce qui fait dérailler les organisations modernes réside là : l'ego, la peur de manquer.

    Ce qui fera rechercher un nouveau modèle : la confiance dans l'abondance de la vie, celle qui nous fera réduire notre besoin de contrôler les gens et les événements, celle qui nous convaincra que, même si il se passe quelque chose d’inattendu, même si nous faisons des erreurs, les choses se passeront bien, ou bien, même si elles se passent mal, la vie nous aura donné l'opportunité d'apprendre et de grandir.

    Si ces frustrations, ces ombres, arrivent à la conscience du dirigeant, c'est le point d'inflexion d'un changement profond de l'organisation.

    C'est cette transformation qu'explore Frédéric Laloux. 

    De quoi donner envie à ceux qui ressentent la même prise de conscience.

  • DebordeJe parlais hier ICI du livre de Pierre Zaoui sur "la discrétion". 

    Par opposition, il évoque ce qu'il appelle "l'âme indisponible". Le genre de personnes que l'on reconnaît du premier coup d'oeil. Ce sont ces gens qui se croient importants.

    J'aime bien la citation :

    " L'âme indisponible, qui dit toujours non parce que toujours habitée par une tâche plus haute et sans fin, ne connaîtra jamais le bonheur et devra bien reconnaître, à la fin des temps, qu'elle eut une vie parfaitement sotte".

    Du bonheur de la disponibilité, qui est faite pour se renoncer elle-même sans cesse, mais toujours momentanément, mais qui permet de dire " je vais m'en occuper" dans ces réunions et ces moments où personne n'a le temps de s"occuper de quoi que ce soit.

  • DiscretionIl m'arrive de rencontrer, comme la semaine dernière, des dirigeants et managers qui sont, comme le dit l'un(e) d'entre eux, " entre-deux". Cette formule pour dire qu'ils viennent de quitter leur job, et en cherchent un autre. Quand on est dirigeant et que l'on quitte un job, on ne dit pas que l'on s'est fait "viré", on parle de "désaccord stratégique" avec l'actionnaire, le Président. Et on présente cet entre-deux comme un moment de repos, de remise en cause, de bilan personnel. Même si il y a parfois un peu d'hypocrisie, tant ils ont du mal à ne pas montrer leur envie de retrouver un nouveau cheval à enfourcher. Cette précarité des dirigeants n'est pas toujours trés confortable.

    Ce qui est paradoxal pour ces dirigeants c'est de passer subitement d'un monde de la communication médiatique à un monde de la discrétion. Et en même temps, pour trouver le job d'aprés, ils pensent qu'ils vont devoir continuer à se faire connaître, mais différemment.

    Car diriger aujourd'hui, on a l'impression que cela veut dire faire parler de soi. Les réseaux sociaux, les blogs, les médias, la télé, les tentations sont nombreuses; on s'y précipite pour dire du bien de soi, et de son entreprise (certains même mélangent les deux comme si la marque de leur entreprise était tatouée sur leur corps). Commme si notre monde avait définitivement identifié l'être à sa perception publique : " Être, c'est être perçu". 

    Face à cette pression, que l'on appelle "médiatique", mais qui est aussi la pression que l'on fait sur soi-même pour se "mettre en avant", il paraît paradoxal de vanter la "discrétion". C'est l'objet d'un petit livre de Pierre Zaoui, " La discrétion, ou l'art de disparaître". Car aujourd'hui, pour exister, on compte le nombre d'amis sur Facebook, le nombre de followers sur Twitter, on peut même en acheter ! Et si votre nom n'apparait pas sur une recherche Google vous êtes "Nobody". 

    Alors cet "entre-deux", c'est une bonne cure de discrétion. Et cela demande peut-être un peu de remise en cause. Et pas seulement pour un dirigeant d'ailleurs (Pierre Zaoui n'évoque pas ce monde de l'entreprise dans son ouvrage philosophique).

    Pour Pierre Zaoui, la "discrétion" n'est pas un trait de caractère (genre modestie ou réserve) appris par les bonnes manières de la vie en société. Non, la discrétion dont il parle c'est une expérience métaphysique, une résistance à un ordre établi. Mais il ne milite pas non plus pour "pour vivre heureux, vivons cachés", qui serait une sorte de repli égotiste sur soi. Non, pour lui "l'art de disparaître", c'est l'art d'aller "un pas au-delà", comme un art de toujours regarder au devant de sa vérité.

    Cette discrétion est une richesse car elle permet de se rendre disponible pour ce que Pierre Zaoui appelle " le spectacle du monde". Car l'être réside bien moins dans l'être perçu que dans l'être qui perçoit. Si il n'y a personne pour percevoir, l'être perçu n'existe pas. " Si personne ne veut plus rien percevoir, alors le monde lui-même cessera d'exister". 

    Même l'amour, le vrai, a besoin de cette discrétion : "L'amour ordinaire comme princier n'est-il pas d'abord fiançailles et mariages, cérémonies et monstrations publiques ?". " La seule forme digne et libre de l'amour, c'est la discrétion. Il n'y a pas d'amour sans discrétion et les seules amours véridiques sont les plus discrètes amours".

    C'est pourquoi nous avons besoin de ces "âmes discrètes" car sans elles il n'y aurait plus de monde du tout. Sans elles, plus rien n'existe sinon des" miroirs vides" que plus personne ne regarde.

    La discrétion, l'art de disparaître, ce sont aussi, et ces dirigeants "entre-deux" y font penser,  ces moments d'intermittences, comme des fugues, dont nous avons besoin de jouir à discrétion. Et pourquoi pas en faire une nouvelle façon d'être, pour lutter contre un monde écrasant de l'" omnivisibilité", où il n'y aurait plus que "de la lumière et des chambres d'écho, et plus d'yeux en retrait et plus d'oreilles impersonnelles à l'écoute".

    C'est en fréquentant ces "âmes discrètes" que l'on développe soi-même ces qualités, permettant de se reposer de  tant de ces grandes gueules qui ont tant d'amis et qui n'écoutent personne. Car " se faire discret, c'est créer, c'est donner, c'est aimer".

    L'art de l'écoute dans la discrétion.

  • SelancerLibre de se lancer? Libre de se choisir ? De devenir vraiment soi-même ?

    Y-a-t-il un bon moment pour le faire?

    Et c'est quand ce bon moment?

    Et on s'y prend comment?

    C'est le sujet de ma chronique de début d'année sur "Envie d'Entreprendre".

    C'est ICI.

    Alors, on se lance ?

    Je vous y attends….

    Bonne Année 2015

  • C’est une image qui a été utilisée dans une publicité pour une marque de margarine, reprise par Seth Godin dans son dernier livre,  » C’est à vous de jouer » : Deux individus, sûrement des cadres supérieurs d’entreprise, qui sont sur un escalator; ils ont l’ai pressés. Et soudain l’esacalator se bloque et s’arrête. C’est la panique ! Les deux cadres ne savent pas comment s’en sortir; le premier soupire; le deuxième va crier et appeler à l’aide; et personne pour réparer l’escalator ou leur porter secours.

    Ils ont l’air ridicules, et pourtant ils symbolisent notre propre incapacité à nous tirer d’affaire quand une situation est bloquée : nous ne voyons pas qu’il suffirait de descendre (ou monter) les marches; pas aussi pratique que de se laisser porter par l’escalator automatique, mais toujours mieux que de rester bloqué au milieu de l’escalator.

    C’est précisément le sujet de ce drôle de livre : se lancer, ne pas avoir peur, monter les marches tout seul, profiter de sa liberté.

    Le livre est plus qu’un livre, c’est un bel objet, plein d’images, que l’on peut lire mais aussi ouvrir n’importe où pour en goûter les métaphores et les phrases qui claquent. Quel beau travail des Editions Dateino. Ce livre est un vrai cadeau, à distribuer autour de soi pour donner envie de se lancer et de créer, et d’entreprendre.

    C’est du Seth Godin; et les fans, comme moi, adoreront; d’autres trouveront peut-être cela superficiel ou un peu vide : ce sont ceux qui sont souvent bloqués sur les escalators en panne. Car ce livre, Seth nous le dit lui-même, est un acte d’amour :

     » Je n’ose imaginer combien le choix d’une vie focalisée sur les besoins égoïstes serait vide et manquerait d’amour. Une vie qui ne tournerait qu’autour du profit, ou de la tentative d’éviter ce qui pourrait mal se passer pour veiller à sa tranquilité.

    Quelle formidable chance nous avons de pouvoir mettre de l’amour dans notre vie professionnelle, dans notre vie créative, dans la communauté dont nous choisissons de faire partie ».

    Tout ce que nous dit Seth Godin c’est de saisir l’opportunité quand c’est à vous de jouer et de changer les choses.

    Tout ce qu’il faut, c’est avoir soif. Ce qui nous empêche d’avoir soif, c’est la peur du zéro : le but n’est pas d’apprendre, mais d’avoir la meilleure note (c’est ce que l’école nous a enseigné), de poursuivre l’objectif de la norme. La soif, c’est l’inverse des gens qui ont surtout envie d’avoir 20/20; c’est l’envie d’apprendre, de chercher d’autres chemins, d’aller vers de plus en plus d’apprentissage.

    Ce livre est une façon de nous aider à aimer notre soif, à ne plus avoir peur de notre peur d’avoir peur.

    Alors, la prochaine fois que l’on se trouvera sur un escalator en panne, on fait quoi?

    La vidéo ici :

  • MagasinEn ce temps où tout le monde s'extasie devant le "Digitââââllll", où parler de révolution, c'est parler de révolution numérique, on pourrait se demander si il y a encore de l'avenir pour le commerce physique et notre bon vieux magasin. Il suffit de se promener dans Paris en ce moment pour se convaincre que le magasin n'est pas encore mort. 

    Même si certains reviennent de loin; comme la FNAC par exemple. Un an aprés son introduction en Bourse, c'est plutôt un succès. Et son PDG Alexandre Bompard, énarque et inspecteur des finances, aux commandes depuis 2011, peut se féliciter, pour la première fois depuis longtemps, d'une augmentation du chiffre d'affaires en France au troisième trimestre 2014. Il joue gros pour les fêtes de fin d'année, cette pèriode correspondant à 20% des ventes de l'année. 

    Alors, comment s'y prend-t-il ? 

    Il se confiait le mois dernier aux journalistes des Echos, et ses propos nous révèlent quelques secrets et initiatives dont on peut tirer leçon.

    Pour lui, " l'avenir n'est ni dans le déclin inéluctable du commerce physique, ni dans le triomphe exclusif de l'e-commerce". Le commerce de demain sera quelque chose d'hybride quicombine du physique et du virtuel; c'est ce que l'on appelle du nouveau mot d' "omnicanal". Tout le monde en parle, y compris les banques. Ce sera le sujet d'investissement de l'année à venir, car cela nécéssite de modifier les systèmes d'information, la logistique. On commence sur internet, et on vient chercher en magasin. Où bien l'inverse : à la FNAC, on vous propose de chercher sur internet avec le vendeur le produit que l'on ne trouve pas en magasin, et de se le faire livrer chez soi. Voilà les nouvelles façons de consommer. 

    Pour cela la FNAC a lancé un programme de formation des vendeurs, pour les transformer : ils doivent devenir, dixit Alexandre Bompard,  " le trait d'union entre entre nos commerces physiques et le digital". Cela passe aussi par le changement des systèmes de rémunérations variables : les vendeurs sont maintenant intéréssés aussi sur les ventes via internet, alors qu'il avaient tendance à les considérer comme des concurrents auparavant. Selon Alexandre Bompard, " aujourd'hui, 35% des ventes sur Fnac.com sont reliés d'une façon ou d'une autre au magasin". 

    Forcément il est positif sur l'ouverture des magasins le dimanche (débat du moment avec la loi Macron), rappelant que " 25% des ventes d'Amazon se font le dimanche". Et il argumente avec les chiffres :

    " Le bricolage et l'ameublement, qui ne subissent qu'à la marge la concurrence de l'e-commerce – 3% à peine pour le bricolage – sont autorisés à ouvrir le dimanche et pas le secteur de vente de biens culturels."

    Enfin, il porte une appréciation sur la musique, qui tranche avec les idées reçues :Oui, le CD a reculé dans les ventes, mais il représente encore 75% des revenus d'achats de musique ! Et à ce jour aucune offre digitale n'a démontré qu'elle était un relais de croissance solide. Le téléchargement payant est en baisse, et la croissance du streaming est portée par des modèles financés par la publicité, ou des opérateurs de téléphonie, et ne permet pas une rémunération suffisante des acteurs de la filière.

    Et puis, constat pour les fêtes: le livre est encore cette année le premier cadeau des français.

    Alors, avec ces considérations, on se dit que le magasin n'est vraiment pas mort, à la fnac ou ailleurs.

    Une bonne nouvelle, non?

    Et c'est vrai que j'aime bien offrir des livres, pas vous?