• Pivot111Quand on a démarré un projet, une entreprise, une start-up, une innovation, on se met à douter…

    Et si ça ne marchait pas?

    Et si il fallait arrêter?

    Ou bien on décide de "pivoter"…

    un concept qui nous dit de changer sans oublier l'apprentissage des échecs et efforts passés.

    C'est le sujet de ma chronique sur "Envie d'Entreprendre" de ce mois.

    C'est ICI.

    Alors, on pivote?

  • ComparaisonC'est une habitude que l'on a toujours dans nos entreprises, et aussi une des fonctions des consultants, ces abeilles qui passent d'entreprise en entreprise : comment font les autres pour résoudre les questions que je me pose? Que font les meilleurs? Quelles sont les "best practices"? Cette approche a ses limites, j'en ai déjà parlé, par exemple ICI, pour indiquer, citant Michael Porter que l'efficacité opérationnelle ne peut pas se substituer à la stratégie.

    Néanmoins on aime bien se comparer. Une question est alors : A qui ?

    Un article dans la revue Harvard Business Review ( ICI) de trois chercheurs Marion Poetz, Nikolaus Franke et Martin Schreier vient nous rappeler que ce n'est pas dans notre propre industrie ou secteur que nous trouverons les meilleures idées et les ruptures. Ils ont notamment mené une expérience pour tenter d'expliquer et de résoudre un problème récurrent : pourquoi ne met-on pas les équipements de sécurité? Ils ont ainsi interrogé des couvreurs, des menuisiers et des skateurs. Les couvreurs ne mettent pas leurs ceinture de sécurité, les menuisiers ne mettent pas leur masque, les skateurs ne mettent pas leurs protege-genoux. Et bien ils se sont aperçus que c'étaient les couvreurs qui imaginaient les meilleures solutions pour les skateurs, et les couvreurs pour les menuisiers…

    Le graphique est éloquent :

    Graphique111

    Belle démonstration qu'il est plus utile d'aller chercher en dehors de son cercle immédiat pour imaginer des solutions en rupture.

  • Perroquets22Fréquenter une réunion de fanatiques du "digitâââlllll" est toujours pour moi une expérience extraordinaire, comme un voyage dans l'espace…J'y étais la semaine dernière, je n'ai pas été déçu…

    Facile de se repérer : le nom de la "conférence" est toujours en anglais : c'est le "Day", le "Future quelque chose", le "Digital…" là vous mettez "Summit" ou n'importe quoi.

    Les participants ont plutôt la quarantaine, voire plus; mais ils se croient "jeunes et dans le coup". iIs sont faciles à identifier : ils font tous semblant d'être de trés bons amis, même si ils se connaissent à peine, ne se rencontrant que dans ce type d'évènements. Ils sont présents mais ils ne vont pas regarder ce qui se passe : ils ont les yeux sur leur smartphone ou leur tablette; ils n'ont pas besoin d'écouter non plus ce qui se dit; ils vont juste capter les quelques phrases courtes et banales qu'ils croient comprendre pour les envoyer sur facebook ou twitter, avec une photo si possible : " Le digitââlll, c'est important !" (wahou !); " si l'entreprise ne va pas vite dans le digital, elle mourra" (ouhhh, tu me fais peur !).Cela distrait.

    Car la caractéristique de ces agents du "digital", c'est leur forte attirance pour ce que l'on pourrait appeler le marketing de la peur : cela consiste exercer un chantage implicite et permanent du type : " Si vous ne faites pas rapidement la mutation digitale, vous êtes morts. Et nous pouvons nous seuls vous sauver". Car il y a pas mal de consultants "freelance" dans ces assemblées; ils sont heureux car ils n'ont pas payé l'entrée de la conférence (normal, ils ont un copain qui leur a filé l'entrée gratuite..), Cela leur confère une certaine noblesse. Ils sont consultants mais ils manquent de clients, alors ils restent discrets sur ceux-ci. Mais ils ont par contre beaucoup de certitudes. Pour eux, leur avance dans ce qu'ils pensent être la bonne vision des technologies est le garant pour leur permettre de prophétiser le pire si jamais le basculement dans le digital souffre le moindre délai.

    Autre caractéristique des débats de ce genre d'instances, c'est de croire que tous les métiers de l'entreprise vont être "digital"; le reste : vous parlez de quoi ?

    Ils ont tellement ramé pour essayer d'être encore jeunes dans leurs entreprises, à coup de remise en cause, pour pas être écrasés par la jeune génération qui leur mord les chevilles, qu'ils s'accrochent pour paraître dans le coup maintenant. Les informaticiens, les managers des RH, ils font tous comme si…Ils sont un peu écartelés entre leurs premières années professionnelles, où ils croyaient que pour progresser il fallait copier les anciens; et la suite, où ils pensent que pour ne pas se faire sortir il faut maintenant faire comme les jeunes et les "geeks". Ils veulent  embaucher des "geeks" pour pouvoir leur piquer leurs tics et expressions. Comme une maman qui s'habille comme sa fille…

    Bien sûr, dans cette vaste foire aux vanités que constituent ces conférences, on ne parle pas vraiment de l'entreprise, ni de management; on "réseaute", dans un exercice consistant à exhiber ses plumes à un maximum de gens. On racontera tout ça sur les réseaux "sociaux". 

    Pas sûr du tout que cette chorégraphie fasse progresser la stratégie et l'organisation des entreprises en matière de transformation numérique.

    Un dirigeant d'un grand groupe (présent sur l'estrade face à ces fanatiques) a osé le faire remarquer à un moment : tous ces métiers du "digital" constituent une "élite" qui ne représente pas la totalité de l'entreprise; ces métiers sont occupés par une élite majoritairement masculine (plus de 90%), plutôt de race blanche, occidentale, trés silicon valley : pas d'hispano, pas de diversité; et si à 35 ans vous n'êtes pas devenus milliardaires dans la silicon valley c'est qu'il est temps pour vous de passer "côte Est", car il n'y a plus rien pour vous dans le quartier. Tout content de sa sortie, il est ensuite parti trés vite,…peur de se faire agresser ? laissant les fanatiques assouvir leur envie de tweets sur les intervenants suivants. Car le casting des témoins sur la scène s'enchainait trés vite.

    Oui, ces exercices d'"entre-soi" sont une vraie représentation des difficultés de cette histoire de "digital". Tant que cela reste un dialogue entre soi, ça n'avance pas; les dialogues de sourds entre gens convaincus qui ne s'écoutent pas, et snobent ou culpabilisent tous ceux qui ne sont pas comme eux, ne font rien avancer. Les grandes entreprises ont d'ailleurs encore du mal à intégrer ces nouveaux styles.

    La transformation digitale est bien sûr un vrai sujet pour nos entreprises; mais elle a besoin d'empathie, de diversité, d'inclusion (faire participer les personnalités et métiers les plus divers), de croisement de générations (ces quarantenaires arrogants ont aussi besoin de cette nouvelle génération Y qui leur fait peur, ou les hypnotise..); l'inverse de la culture de la honte et de l'exclusion (tu n'es pas comme moi, honte à toi).

    Cette empathie dont nous avons besoin, elle s'oppose à ce fanatisme de l'urgence (le digital, vite, vite…), car ce que nous avons à construire, c'est un changement durable et permanent, un changement culturel. Qui entraîne tout le monde.

    On sait que tout s'accélère, mais pour emmener l'entreprise dans ce changement accéléré, il faut probablement un peu plus que ces "entre soi" de fanatiques. Il y a encore du travail assurément.

  • Un auteur surprend dans cette rentrée. Ce n’est pas un nouveau venu, ni un auteur de best sellers; il est au contraire depuis longtemps dans le domaine public…

    Il s’agit d’Aristote, dont Flammarion publie une nouvelle traduction des oeuvres complètes dans de nouvelles traductions, sous la direction de Pierre Pellegrin. Le magazine « Philosophie » de novembre y trouve l’occasion de consacrer un dossier au courage.

    Pour Aristote, le courage est un juste milieu entre la lâcheté (un excès de crainte) et la témérité (un excès de confiance). Mais le courage n’est pas pour autant, comme le signale Alexandre Jollien dans un des articles, quelque chose de tiède. Le courage est au contraire un sommet à conquérir; le courageux est celui qui prend des risques, mais « calculés ». Autre enseignement d’Aristote : le courage, ce n’est pas inné, cela s’apprend. Et chacun a son propre courage, sa vertu; la vertu de mon voisin n’est pas la mienne. Et c’est dans l’action, au quotidien, que se manifeste le courage.

    Cette conception du « quotidien » nous interpelle. Dans nos entreprises, dans la société aujourd’hui, il semble que le courage est assimilé d’abord à l’exploit, l’exceptionnel, l’extraordinaire. On valorise celui qui accomplit ces exploits, qui gagne la compétition; d’où ces métaphores avec le monde sportif. Cela, c’est le courage de celui qui fait le malin, qui s’impose par ses actes de gloire, qui en met plein la vue aux autres.

    Ce que nous rappelle Aristote, et Alexandre Jollien,, c’est précisément l’inverse : le courage dont on a besoin pour vivre au quotidien, celui dont on a besoin pour habiter parfois la banalité. Ce courage dont on a besoin pour s’inventer chaque jour, renaître et avancer avec les forces disponibles.C’est ce courage de rompre avec la routine mécanique, de toujours chercher autre chose, de sortir des habitudes qui nous enferment, et bloquent nos capacités d’innovation.

    Ce courage du quotidien débouche en fait sur une forme d’altruisme et de générosité particulière.

    C’est d’accepter d’être libre qui demande du courage, de se forger sa personnalité, de résister à la pression sociale, de ne pas être le petit mouton qui fait comme les autres. Cette générosité est exigeante.

    Pour avancer et combattre ces craintes d’être différent, pour aller contre soi, pour désobéir à ses caprices, il nous faut ce courage d’Aristote. Cela nécessite de fuir toute lâcheté, y compris envers soi même.

    Le courage d’Aristote, c’est aussi de maintenir un cap, de tenir bon dans la durée.

    Une citation de Jules Renard :

     » Il est plus difficile d’être un honnête homme huit jours qu’un héros un quart d’heure ».

    Pour Aristote, ne sont courageux ni celui qui est sans peur, ni celui qui affronte le danger par plaisir, mais celui qui craint ce que la raison commande de craindre et affronte ce qu’elle commande d’affronter, si bien que le sujet se comporte de la manière qui convient au citoyen libre et vertueux qu’il est.

    Le courage, comme une vertu permanente et source d’innovation, voilà de quoi inspirer les managers et leaders d’aujourd’hui, à la (re?) lecture d’Aristote, notamment l’Ethique à Eudème sur le courage.

  • ManaudouAh bon ?

    C'est quoi cette histoire? 

    Voilà un professeur inhabituel…

    Mais il va m'apprendre quoi exactement?

    Les sportifs sont-ils des héros qui nous enseignent des valeurs, le leadership, et tant d'autres belles choses?

    Même les nageurs ?

    C'est vrai que le monde du sport et le monde de l'entreprise se font souvent de l'oeil, vous trouvez pas? Le management se pratiquerait comme un sport de compétition.

    Il y a même des auteurs qui pensent que l'on manage comme on nage…

    C'est le sujet de ma chronique su "Envie d'entreprendre" de ce mois. C'est ICI.

    Vous pouvez y aller à la nage…

  • Dans nos temps modernes on ne fait plus trés souvent référence aux symboles. Cela semble des trucs d’un autre âge, des croyances désuètes. C’est Frithjof Schuon qui dans son ouvrage  » sentiers de gnose » (1957) nous a dit que que l’homme moderne collectionne les clés sans savoir ouvrir les portes.

    Pourtant certains nous disent que les leaders sont ceux qui sont capables de transmettre un capital symbolique.

    Alors?

    Savoir porter une attention aux signes symboliques qui nous entourent, que l’on peut contempler dans la nature, comme des regards animés, c’est déjà commencer à être sensible aux symboles.

    Rien de mieux pour s’y exercer que de se replonger dans le siècle qui a particulièrement consacré les symboles, ce siècle charnière entre l’Antiquité et le monde moderne, le XIIème siècle, celui de l’art roman. Ce XIIème siècle est un modèle pour nous apprendre à « transmettre un capital symbolique ».

    L’ouvrage de Marie-Madeleine Davy,  » Initiation à la symbolique romane » (1977) est un précieux compagnon de voyage pour continuer dans cette aventure (pas de photographies ici mais des analyses de textes très développées, et faciles d’accès).

    Le XIIème siècle est considéré comme une époque charnière : le passage du monde antique au monde moderne, l’époque des transformations économiques, le temps des Croisades, qui confrontent la Chrétienté à l’Orient. Un monde nouveau est en train de naître. La langue romane va succéder au latin (la langue romaine).Il naît ainsi une autonomie de la pensée médiévale, qui ne repense pas ce qui existait avant mais crée un monde nouveau.

    C’est le temps où surgissent partout les églises, qui ont amené jusqu’à nous « l’art roman »; ces églises qui se construisent sur des temps considérables (Sainte Madeleine de Vézelay , commencée en 1096, sera par exemple achevée au milieu du XIIème siècle).

    Le symbole, c’est un signe donnant accès à une connaissance. Sa fonction est de relier le haut et le bas, de créer une communication entre le divin et l’humain. Les symboles ont une fonction initiatrice à une expérience spirituelle. Le symbole, particulièrement au XIIème siècle, instruit et achemine vers la connaissance, il est une nourriture spirituelle. Il permet le passage de l’homme « charnel », celui vit à l’extérieur, à l’homme « spirituel », celui qui vit à l’intérieur.

    L’art médiéval, avec ses symboles sur les figures de pierre, est précisément destiné à permettre cet accès au divin. Ce n’est pas seulement un art pour permettre aux ignorants de découvrir dans la pierre ce qu’ils ne peuvent apprendre par les livres, ne sachant pas lire. Ce sont des messages plus complexes qui s’adressent à tous, et donc aussi aux lettrés, aux docteurs, aux pèlerins.

    L’image de pierre va permettre, par sa vertu symbolique, de fixer un langage, qui sera compris différemment selon l’état de conscience de celui qui le saisit. Pour certains, le symbole ne voudra rien dire. Pour d’autres, il aura plein de significations. C’est pour l’être « éveillé » qu’il représentera un enseignement.

    Le même symbole, qui ne change pas, sera ainsi diversement interprété et le message qu’il livre sera compris d’après l’état de conscience de celui qui l’appréhende, selon les âges de sa vie, selon les personnes. Pour celui qui saisit et connait le symbole, il se produit comme une « transfiguration » : on quitte le mode du bavardage, de l’échange, du divertissement, pour ouvrir une nouvelle vision. La vue du symbole ne provoque pas nécessairement une interprétation précise, mais plutôt comme un choc, un « coup frappé à la porte de l’esprit ».

    Le XIIème siècle est riche en symboles, car le peuple de Dieu a besoin de symboles et d’emblèmes pour approfondir sa foi, connaître son dogme. Les fresques des églises romanes sont comme une prédication d’ordre symbolique.

    C’est pourquoi parcourir le livre de Marie-Madeleine Davy permet de comprendre toutes les formes de symboles de ce siècle, leurs sources et leur sens.

    Le symbole est un langage qui établit une relation.

    citons Marie-Madeleine Davy :

    « Quand il s’exprime dans la pierre, il est encore autre chose, il est un silence. La parole peut divertir par le fait même qu’elle est parole; la pierre l’emporte sur le texte parce que la pierre est silence, elle est fidèle à la réalité, elle est dépouillée en dépit même de sa matérialisation. Plutarque disait que le crocodile est l’image de Dieu, en ce qu’il est le seul animal qui n’ait point de langue, car la raison divine n’a pas besoin de paroles pour se manifester, mais s’avançant par les chemins du silence, elle gouverne les choses mortelles selon l’équité ».

    Peut-être avons nous aussi besoin, parfois, de ces « chemins du silence », d’être ce crocodile, et de trouver dans la symbolique de ce XIIème siècle roman qui paraît si lointain, de quoi éclairer et avancer dans l’incertitude de notre quotidien d’aujourd’hui…..

  • DinosauresOn la connaît cette histoire, cette formule, on l'a tellement entendue : " Think global, act local". C'était le truc dans les années 90, et même 2000. Tout le monde y croyait.

    En gros, ça nous disait que la globalisation, c'était la meilleure façon de comprendre le monde et l'économie. Et qu'ensuite il fallait adapter cette stratégie globale à chaque fois sur le terrain.

    Et bien, aujourd'hui, c'est fini.

    Ah bon?

    Oui, car aujourd'hui les produits globaux, il y en a de moins en moins. On doit créer tout au local; les produits, les services, sont conçus pour le local. La voiture pour l'Inde n'est pas celle pour l'Europe; même l'I Phone doit correspondre aux besoins des opérateurs locaux, et fournir des applications locales. C'est en local que l'on conçoit, que l'on comprend les besoins de chaque client.

    C'est ce que dit trés bien Pierre Nanterme, PDG d'Accenture, dans un entretien avec Les Echos lundi dernier (Muriel Jasor, David Barroux, François Vidal). Cela vaut la peine d'y aller voir.

    Pour Pierre Nanterme, le nouveau mantra, c'est : " Think local, leverage global".

    Leverage global, cela veut dire se concentrer sur les économies d'échelle, la rationalisation des investissements.

    Pour lui, "les dinosaures sont déjà morts" : Pour évoluer, une entreprise doit avoir le changement "dans son ADN". Et plus on est gros, plus il faut que cet ADN du changement soit fort, sinon, c'est foutu. La question majeure pour les dirigeants, c''est la question de la pérennité de leur entreprise. Quand il nous dit que les dinosaures sont déjà morts, il nous avertit : que l'on soit un grand groupe ou une petite start-up, l'agilité et la flexibilité sont obligatoires pour survivre. Celles qui n'ont pas commencé à changer vont mourir avec les autres dinosaures.

    Même Accenture est concerné,avec ses 305.000 employés dans le monde et 30 milliards de dollars de chiffre d'affaires, en progression annuelle de 5%.Le renouvellement doit être permanent, et on apprend dans l'article que l'entreprise a embauché l'année dernière 80 000 personnes dans le monde.

    Ce qui vient pousser à se bouger : bien sûr, la digitalisation des modèles d'entreprises, qui crée de nouvelles opportunités, mais aussi emporte toutes celles qui n'arrivent pas à s'y mettre, même dans les secteurs que l'on croit les moins concernés ou protégés. Il y aura toujours un malin qui viendra jouer au barbare pour leurs prouver le contraire.

    Autre élément que cite Pierre Nanterme: la formation. "le temps où l'on réunissait des gens dans une classe pour une session de formation standard est définitivement révolu". On passe à la formation à distance, en ligne, de nouvelles disciplines deviennent cruciales (sciences, technologies,engineering, mathématiques : les STEM,qui sont nécessaires pour nos entreprises, et gagnent du terrain dans les pays émergents, pendant que les Etats-Unis et l'Europe prennent du retard).

    Enfin, dernier élément : l'entreprenariat. De nouveaux métiers apparaissent. " Quand la Terre comptera neuf milliards d'habitants, tout le monde ne pourra pas aspirer à un emploi organisé au sein d'une entreprise ". On va avoir besoin, partout, de plus en plus d'entrepreneurs. Et l'on peut ajouter que même nos entreprises installées vont avoir besoin de s'organiser pour compter et échanger avec ces entrepreneurs et ces start-up.Et aussi les start-up entre elles.

    On l'a compris : il n'est pas forcément besoin d'atteindre une grande taille pour devenir un dinosaure mort; même les petites entreprises peuvent se trouver bloquées dans l'immobilisme, la peur de changer, l'installation dans la routine et les habitudes.

    De quoi nous faire réfléchir tous, pour nos entreprises, nos équipes, et nous-mêmes.

  • MoutonsLa fluidité, les bonnes relations entre les collaborateurs, les services, voilà un bon objectif.

    On cherche toutes les bonnes idées pour y arriver.

    Tiens, par exemple, abattre les cloisons des bureaux, faire de grands espaces ouverts…

    Mais ce n'est peut-être pas une si bonne idée que cela.

    La transparence peut alors devenir la transparence des petits moutons…

    Quoi?

    C'est le sujet de ma chronique du mois dans "Envie d'Entreprendre", ICI.

    Ne vous cachez pas ! 

    Courez-y…

  • OeilserrureDonner son temps, offrir son aide, s'occuper des autres : voilà de bons sentiments. Dans le cadre professionnel, comme dans le cadre privé.

    C'est un collègue qui m' aide à me servir d'un logiciel; c'est le manager qui passe du temps avec son collaborateur pour lui indiquer le bon comportement; pour lui dire ce qu'il doit faire pour être meilleur. 

    Toute la difficulté de l'exercice est de distinguer la part d'"évaluation" (on pense à jugement, notation, compétition) et la part de "conseil" (incluant plus de générosité).

    Mais il y aussi plusieurs façons de faire ce "don". Vincent Laupies distingue dans son petit livre trés utile  " donner sans blesser", ce qu'il appelle le "don fermé" et le "don ouvert".

    Le "don fermé" est celui où le donateur donne à partir de lui-même pour répondre à ce qu'il imagine être les besoins de l'autre. Cela peut amener certains à s'occuper à l'excés des autres, comme une envie de sauver les autres qui les possède entièrement. C'est une attitude caractérisée par l'indifférenciation : la personne qui "donne" se coupe d'elle-même, elle croit pouvoir répondre positivement à l'injonction imaginaire de combler l'autre. On connaît tous des exemples " Paul a l'air déprimé et malheureux, je vais l'aider à être heureux", " Julie devrait s'améliorer pour être promue, je vais lui dire ce qu'elle doit faire et corriger pour cela", " ce collègue ne comprend rien au management; je vais lui offrir un livre, sans qu'il ait demandé mon aide, pour qu'il comprenne ce qu'il doit changer", etc…

    Dans ces types d'échanges la personne "ne voit pas l'autre tel qu'il est, mais tel qu'il apparaît ou tel qu'elle l'imagine. Elle ne se voit pas elle-même telle qu'elle est, mais se dédouble et agit à partir du personnage généreux qu'elle a construit".

    Ce type de relation, à l'extrême, peut prendre une forme pervertie de totale indifférenciation : " Le donateur A n'est plus en contact avec lui-même. Il crée, inconsciemment, un autre lui-même "généreux", que l'on peut appeler A'. Celui-ci entre en relation, non pas avec le donataire réel B, mais avec l'image B' qu'il en a construite".

    C'est un don de celui qui n'est pas vraiment lui-même à "quelqu'un" qui n'est pas vraiment l'autre, mais qu'il a imaginé. C'est le fantasme de construire l'autre, qui peut aboutir à une forte valorisation du "quantitatif" : on pense alors que plus il y a de don (de temps passé, de livres offerts, de conseils donnés,..), mieux c'est.

    On comprend alors trés bien toutes les vertus et caractéristiques du "don ouvert" auquel l'auteur nous encourage, sans minimiser toute la difficulté; car le "don fermé" est une modalité fréquente des relations aux autres.

    Pour être dans le "don ouvert" il convient d'être " attentif à ce qui se passe en soi, à écouter ce qui parle en soi (désirs, pensées, émotions,…)". C'est ce "travail de don" qui permet de repérer nos tendances à l'indifférenciation et d'y renoncer.

    Le "don ouvert", c'est une ouverture dans cinq directions :

    – le donateur s'ouvre, d'abord, "en amont de lui-même" aux dons qui lui sont donnés : vincent Laupies insiste sur cette priorité : il faut recevoir avant de donner; on donne ce que l'on reçoit, et non pas, comme le croient certains, à partir de ses propres forces, au nom d'une décision volontariste. Cette étape est la plus difficile, car celui qui veut "aider" les autres s'y épuise sans voir ce qu'il a besoin de recevoir lui-même,

    le donateur s'ouvre, également, à lui-même : le don est ainsi perçu comme constructif pour le donateur également;

    – le donateur s'ouvre aux besoins réels de l'autre, et non par obligation, pour soulager sa culpabilité, ou renforcer l'estime de lui-même;

    le donateur ne donne pas pour obtenir un effet précis sur le donataire (faire de toi un bon manager, faire de toi un bon collègue, faire de toi un garçon heureux), mais avec une ouverture aux effets possibles du don, le donateur étant alors détaché des effets de son don;

    – le donateur n'attend pas de don particulier en retour (contre don); il est ouvert à recevoir un contre-don, comme à n'en pas recevoir. Si il en reçoit un, il l'accepte; si il n'en reçoit pas, il ne se sent pas lésé. L'auteur considère que l'acceptation du contre-don est importante, car elle nous protège contre une "perversion du don".

    Vu ainsi, le "don" est simple et fécond; la réalité profonde du don est alors l'expression de la vie qui est en nous.

    De quoi donner envie, non ?

    Donner en vie ?

  • Changement111C'est la rentrée, le retour des équipes dans les entreprises. Les vacances se terminent encore une petite semaine peut-être pour certains, et puis c'est parti. 

    Le changement, lui, n' a pas pris de vacances : les projets de plus ou moins grande transformation sont toujours là; on les retrouve. Bonne nouvelle pour les consultants et PMP.

    Et on retrouve forcément les difficultés de ce que l'on appelle la "gestion du chagement", qui comporte plus de politique et d'émotionnel que de rationnel.

    Certains croient que pour changer il suffit d'en avoir envie. C'est une erreur.

    Il faut un autre ingrédient qu'il n'est pas toujours facile de faire vibrer chez les managers qui croient tout savoir et n'ont plus rien à apprendre. Le genre de manager qui croient que l'expérience cela consiste à faire couler les années sans forcer; ils appellent ça l'expérience.

    C'est l'objet de ma chronique de rentrée sur "envie d'Entreprendre", ICI.

    Alors, changer de page, mais restez avec moi….Bonne lecture !