• EntraideS'entr'aider entre collègues, chercher à aider les autres, est-ce un critère d'efficacité et de performance pour l'entreprise? 

    On aurait tendance à dire plutôt oui; considérant que cela est la preuve d'un bon travail d'équipe.

    Mais on peut aussi se dire que des collaborateurs qui demandent un peu trop souvent de l'aide autour d'eux manquent d'autonomie, de leadership, etc…Et que ce n'est pas bon signe pour une entreprise conquérante et prenant des risques.

    Et puis il y a des personnes qui se font repérer : on leur demande de l'aide, et elles nous envoient balader, genre "débrouille toi ! "..bon, quand on les rencontre, celles-là, on n'y revient pas deux fois…on les a repérées comme pas du tout coopératives. Et dans notre entreprise, on distingue bien vite celles à qui on peut toujours demander un service, et celles que l'on va finir par étiqueter comme "égoïstes".

    Pourtant, ce n'est pas parce que l'on vous a refusé une aide ou une faveur que l'on refusera aussi la fois suivante; cela peut même être l'inverse. C'est ce que révèle une expérience faite par un chercheur de Stanford, Daniel A. Newark, rapportée dans le dernier numéro de HBR (décembre 2013), et ICI.

    L'enquête a consisté à demander à des étudiants sur le campus de Stanford : " Voulez-vous répondre à une courte enquête ?", puis  une deuxième question " voulez-vous poster une lettre pour moi ? ". 

    Résultat : 43% de ceux qui ont répondu NON à la première sollicitation (répondre à l'enquête) ont quand même répondu OUI à la seconde question (poster une lettre). 

    On peut même se dire que celui qui a dit non une première fois aura plutôt envie d'aider la fois suivante, surtout si l'engagement est moins important (c'est plus rapide de poster une lettre que de rester un quart d'heure à répondre à une enquête). 

    Conclusion optimiste : ça vaut la peine d'être persévérant avec les personnes qui nous ont dit "NON"; plus on leur demandera, plus les chances d'avoir un "OUI" risquent de s'accroître. Cela peut même devenir une technique : on commence par demander plus pour pouvoir ensuite dans la deuxième demande, demander moins en étant plus sûr d'obtenir une réponse positive..

    Et on imagine bien toutes les situations où l'on peut utiliser ce genre de démarche.

    Bon, ça donne envie d'essayer, non ?

    Et peut-être que ça marche aussi pour les cadeaux de Noël ? Les enfants l'ont bien compris…

     

  • Y_a_t_il_un_pilote_dans_l_avion_02_cabineJ'ai lu ICI que c'est une expression des pilotes de ligne : Être "devant l'avion". Il s'agit pour l'équipage d'être dans l'anticipation plutôt que d'agir dans la précipitation. Cela consiste à évaluer les menaces, les erreurs potentielles que l'on pourrait commettre. Cela n'a rien à voir avec la prévision, car nous agissons, nous le savons, dans l'incertitude; cela correspond plutôt à ce que les auteurs de cet article (un pilote de ligne – Jerôme Schimpff- et un économiste – Nicolas Bouzou) appellent " un état de vigilance permanente". Si l'on transpose ce concept à la direction eu au management de l'entreprise, cela correspondrait à "être devant l'entreprise". 

    Cela va correspondre à quelque chose qui ressemble, je trouve, aux approches par le "scenario planning" dont j'ai souvent parlé ici, à retrouver ICI, et que je retrouve en lisant cet article.

    Mais cette expression "être devant", c'est aussi, peut-être, un message, paradoxalement, d'humilité : en étant "devant" son entreprise, son équipe, ses collaborateurs, nous cherchons à comprendre "quelles erreurs nous pourrions faire", et donc nous sommes en conscience, en responsabilité. Trés différent d'une approche de matamore, sûr de lui, prêt à faire les pires bêtises et à commettre les erreurs sans consulter personne, sans écouter les autres, sans douter. "être devant", c'est peut-être finalement être dans l'écoute. Comme tendre l'oreille, et interroger son intuition.

    "Être devant", ce n'est pas un message pour se croire meilleur que tout le monde, c'est plutôt, tel que l'on comprend le message du pilote de ligne, réduire le taux de défaillance d'entreprises comme on réduit le taux des accidents dans le transport aérien en apportant cette vigilance à nos comportements et décisions.

  • FriendsLes "Smart Cities", ce sont les villes du futur, les villes intelligentes.

    Celles qui vont permettre de faire émerger et se développer l'économie créative.

    Mais qu'est-ce qui rend les villes si intelligentes? Les buildings, les infrastructures, les moyens de transports, les cafés?

    La réponse est ailleurs…

    C'est le sujet de la chronique du mois sur "Envie d'Entreprendre", ICI.

    Soyons Smart pour nous y rendre …

  • Romanart2La notion de symbole, en français moderne,  a plusieurs mots en latin, ayant tous des significations différentes, et expréssément distingués au XIIème siècle, époque de l'art roman : signum, figura, exezmplum, memoria, similitudo, autant de nuances qui étaient connues à l'époque, et oubliées de nos jours.

    Dans son ouvrage sur les "figures romanes", dont j'ai déjà parlé ICI, Michel Pastoureau explore cette symbolique romane, qui permet d'interpréter les sculptures, les figures, que l'on trouve dans les édifices de l'époque.

    La symbolique romane est construite sur un mode dit "analogique", c'est à dire que c'est la ressemblance entre deux sujets, deux mots, deux noms, qui fait le lien symbolique.

    Ainsi pour les arbres : le noyer est considéré comme maléfique car le mot latin est nux, qui signifie nuire, nocere. C'est pourquoi il ne faut pas s'endormir sous un noyer, ni tailler dans ce bois une statue du Christ.

    Même chose pour le pommier, dont le nom, pas de chance, est malus, qui évoque le mal; c'est d'ailleurs pour ça que son fruit est devenu le fruit défendu en Occident.

    Autre sujet de symboles, les nombres. Au XIIème siècle les nombres expriment aussi des qualités, et pas seulement des quantités.

    Ainsi, les nombres impairs sont plus sacrés que les nombres pairs. Ne pouvant être divisés par deux, et restant impairs quand on leur ajoute un nombre pair, les nombres impairs vont symboliser la perfection, ce qui est incorruptible, la pureté, l"éternité.

    Inversement les nombres pairs sont divisibles, et donc moins purs, et vont symboliser les hommes, la terre, le monde créé, donc imparfait. Ils représentent parfois le mal, la mort.  C'est pourquoi dans les sculptures et figures, les méchants vont par deux, ou quatre, alors que les bons vont par trois.

    Chaque nombre a ses significations. Le Un indivisible, c'est Dieu. Deux, c'est le symbole de la comparaison, de l'opposition. Trois, c'est la Trinité, le nombre par excellence, il représente les choses spirituelles. Le nombre Quatre est celui qui, addtionné à Trois, donne Sept; Saint Augustin considère que Trois représente l'âme, l'esprit, et Quatre le corps, la matière. Additionnés, ils représentent l'union de l'âme et du corps. C'est pourquoi ici-bas on va par tois, alors que dans l'au-delà on va par quatre. 

    Sept, c'est le nombre sacré, la perfection. Les sept jours de la Création, les sept sacrements, les sept vertus cardinales…Huit (Sept + Un) c'est le nombre du recommencement, du renouveau.

    Neuf, c'est le nombre du Ciel et des anges (trois fois la Trinité). Douze, c'est le nombre pair gentil, l'exception, le nombre de la plénitude. Les douze tribus d'Israël, les douze apôtres, les douze signes du zodiaque…C'est le nombre de la vie quotidienne et des échanges où tout se compte par douze (on n'a pas encore inventé le système décimal).

    Voilà de quoi s'amuser pour décrypter les figures des églises romanes, les sculptures.

    Mais cette symbolique des nombres est-elle vraiment oubliée de nos jours, dans nos pratiques, dans nos affaires? Pas si sûr; comment ne pas s'empêcher, nous aussi, de rechercher dans les nombres que nous avons sous les yeux, dans l'observation des choses autour de nous, des interprétations, des lectures de signes invisibles?

    Le symbole correspond au fait de rassembler deux morceaux d'un objet, chaque moitié complétant l'autre. La première moitié est celle du monde réel et matériel; la seconde moitié, l'interprétation, celle du monde immatériel.

    Avec le symbole, nous réconcilions le matériel et l'Immatériel.

    Joli programme, non ?

  •  

    BibliothequeOn connait ces bibliothèques, que nous avons peut-être fréquentées pendant nos années d’étudiant : le silence y règne, chacun est concentré sur ses lectures et ses études ; pas de discussions, pas de téléphone qui sonne. Ce sont des lieux d’attention, peut-être les derniers qu’il nous reste.

    Car aujourd'hui, l'attention est de plus en plus difficile à maintenir, dirait-on : Le smartphone, avec les mails, facebook les sms, fait partie des instruments qui détournent notre attention de la conversation avec un tiers, de l'écoute dans une réunion. Les américains ont inventé un mot pour ça, "pizzled", mélange de "puzzled" (dérouté) et "pissed" (désinteréssé, pour rester poli); Cela consiste à se lancer dans une conversation sur mon smartphone pendant que tu me parles en face de moi: : je me sens "pizzled". Cette attitude était une exception, plutôt mal perçue; aujourd'hui, c'est de plus en plus la norme, en tous lieux, en toutes occasions.

    Autres occasions où notre attention est menacée : les mails. On les survole trés vite, sautant d' "objet" en "objet"; on les parcourt plutôt qu'on les lit. Idem les informations sur le web; on passe vite d'un mot à l'autre, d'une ligne à l'autre. Idem dans les open space de nos bureaux : les conversations se mélangent; on écoute un peu tout; ou on écoute de la musique; ou bien on met des boules Quies..Signe que l'attention devient de plus en plus difficile.

    Cela en devient maladif pour certains, qui n'arrivent plus à se concentrer sur quoi que ce soit, se sentent pris d'un besoin de passer tout le temps d'une chose à l'autre, de se précipiter sur leur mails dès qu'ils arrivent; à passer d'une information à l'autre. Comme si l'avalanche d'informations, d'outils d'accès à la connaissance, aux savoirs, avaient appauvri notre capacité d'attention et de concentration.

    Sommes-nous vraiment en danger?

    C'est le sujet du dernier livre de Daniel Goleman, auteur célèbre pour ses essais sur l'intelligence émotionnelle. Là, il s'attaque à ce sujet de l'attention pour nous alerter : le secret du leadership et de la performance, c'est précisément cette capacité d'attention, cette capacité à être présent, vraiment présent, dans chaque situation, et non à zapper tout le temps d'une chose à l'autre. Son livre s"appelle "Focus". 

    Son but est de nous apprendre à repérer les sources de distraction, à les maîtriser, à nous guérir, et à prendre exemple sur ceux qui sont les meillleurs sur cette qualité d'attention.

    Il distingue notamment les distractions sensorielles : mon oreille me gratte pendant que je suis en train de rédiger ce post de mon blog; et les distractions émotionnelles : pendant que je lis mes mails, j'entend mon nom prononcé derrière moi, et ne peux m'empêcher de tendre l'oreille, en oubliant ce mail, pour écouter. 

    Ce sont les distractions émotionnelles qui sont les plus perturbantes; les études montrent que les athlètes qui connaissent l'anxiété, n'obtiennent pas de bonnes performances, quelles que soient les causes de cette anxiété.

    Cette capacité à rester concentré sur un but, et d'ignorer le reste, c'est le contraire du surfing sur internet; c'est s'absorber dans une lecture (Goleman parle de "deep reading") pour comprendre et surtout apprendre. Si on se déconcentre en permanence, on n'apprend rien, on oublie tout trés vite. C'est le contraire de la méditation. Goleman parle alors de "deep thinking", l'inverse de twitter.

    Bon, on n 'aborde pas ce livre sans appréhension; comme le sentiment que, si on ne lit pas avec attention et concentration, le professeur Goleman va nous réprimander, comme si il nous prenait en flagrant délit…

    Au moins, on aura été prévenu.

    Alors, un peu d'attention à l'attention pour Goleman.

  • FigureromaneJ'avais déjà parlé ici de la photographie, reconnue officiellement comme un des Beaux-Arts seulement en 2006.

    Je découvre aujourd'hui que la sculpture est un terme qui n'a existé en France qu'à partir du XVIème siècle, et restera longtemps un terme savant. Alors que les sculptures existent depuis plus longtemps, notamment dans l'art roman, sur les cathédrales et églises.

    C'est qu'à l'époque romane, c'est à dire au XIème et XIIème siècle, pour qualifier les sculptures sur pierre ou sur bois, le latin utilise le mot "image" et "figure" (figurae).. L'artisan qui sculpte ces "images" n'est pas un sculpteur, mais un "tailleur". 

    Je lis cela dans un merveilleux ouvrage de Frank Horvat, photographe, et Michel Pastoureau, historien de la couleur (!) sur justement les "figures romanes".Ces figures sculptées sur les chapiteaux, dans des endroits souvent innaccessibles à l'oeil nu, sont reproduites dans toute leur beauté dans ce livre.

    Frank Horvat, le photographe, avoue dans l'introduction qu'il a d'abord été attiré par une "naiveté" des artistes romans, dont il s'est mis à douter aprés avoir lu le texte de Michel Pastoureau qui accompagne le livre. Car l'église romane est vraiment ce "temple de l'image".

    D'autant que ce terme d' "image" fait référence, non seulement aux images physiques ou plastiques (sculptées, peintes, dessinées), mais aussi aux images et figures mentales, celle qui proviennent des rêves ou des visions.

    Si un moine a fait un rêve sur le diable, ou le christ, il peut en faire le récit à son abbé qui, pour en conserver la mémoire, va demander à un tailleur de le sculpter dans la pierre, sur un des chapiteaux du cloître. C'est pourquoi on ne comprend pas toujours ce qui est représenté dans ces "figures". Il nous manque les rêves et les histoires. De là à considérer que ces "figures" sont des traces de la psychanalyse des moines, on n'est pas loin.

    Ce livre est donc une occasion de réfléchir à notre regard : photographier de près les sculptures, c'est les découvrir, les voir, autrement. Imaginer que ces figures sont les images mentales des moines, c'est imaginer que l'on peut comprendre leur inconscient. Porter le regard sur ces figures, c'est comprendre que la vérité n'existe que par notre regard, chacun a la sienne.

  • AbeillesInnover aujourd'hui : on pense qux produits, aux tecxhnologies, aux business models…

    Oui, tout cela est important.

    Mais faire marcher les organisations et les écosystèmes, c'est aussi une affaire de personnes, de relations humaines, de management…

    L'innovation managériale est-elle l'innovation la plus pérenne pour mettre en oeuvre les ruptures qui feront la différence?

    C'est le sujet de ma chronique du mois sur "Envie d'entreprendre", à retrouver ICI.

    Car dans la ruche, les abeilles comptent autant que le miel.

    Bonne dégustation !

  • Constrained-ChaosTFJ'avais aimé le livre de Ori Brafman sur "l'araignée et l'étoile de mer", dont j'avais parlé ICI.

    Son nouveau livre s'intitule "The chaos imperative". Je n'ai pas pu m'empêcher d'y aller voir.

    Sa thèse c'est que pour permettre à nos organisations de connaître l'innovation et le succès, il faut lui laisser une part non structurée, un espace vide, un endroit de chaos; il ne faut pas tout organiser, ni trop encadrer de procédures; il faut un peu de bordel ( tiens, ça me fait penser à Hayek..et son ordre spontané que m'avait décrit Jean-fabien Spitz ICI).

    L'ouvrage est construit sur les trois éléments constitutifs du chaos que l'auteur nous conseille de mettre en place. 

    Le premier, c'est de dégager des espaces libres, ce qu'il appelle des "white spaces". Le duexième, c'est de s'entourer d'individus anormaux, des "unusual suspects". Et le troisième d'est de planifier le hasard, ou "planning serendipity".

    "white space", cela consiste à laisser du vide, dans l'organisation, dans l'agenda, dans les process, pour permettre de faire jaillir ce à quoi on ne s'attend pas. Pas facile à trouver dans les entreprises où tout le monde a l'air trés occupé, court partout. Et on comprend bien que de tels moments de vide apporteraient du bienfait.

    "Unusual suspects", ce sont ces gens différents que nous recrutons, que nous rencontrons, …ou non. 

    Ce sont les personnes qui vont nous permettre de penser autrement; mais ce ne sont pas forcément des personnes complètement folles, des "crazy" tellement "crazy" que l'on n'en tirera rien. Ori Brafman fait une subtile distinction entre ces "unusual suspects", qui peuvent être utiles dans une organisation structurée, et les "dingues" qui ne font que mettre la panique et n'apportent rien de bien. On sent bien ce qu'il veut dire, mais la nuance n'est pas trés facile.

    Le plus troublant, c'est ce concept de "planned serendipity". Car le hasard, c'est justement ce qui arrive sans qu'on l'ait planifié, par définition. Ce qu'il veut dire par "planned serendipity", c'est que l'on peut provoquer des rencontres, des situations, qui favorisent malgré tout cette "serendipity". Genre prévoir des moments particuliers dans l'entreprise, des organisations de l'espace des bureaux, qui justement favorisent ce qui ne se prévoit pas.

    En fait, le message c'est de nous encourager à l'ouverture, à tout ce qui est "open"; "open innovation", "open management",etc..Encourager  cette ouverture, c'est rendre nos organisations plus résilientes, plus réactives, pluis innovantes. 

    Pour cela il faut sûrement dégommer quelques règles, quelques instances et comités divers; bref, mettre du chaos, mais un peu contrôlé.

    Est-ce qu'il existe un Directeur du Chaos dans votre entreprise?

    Si non, pourquoi vous ne proposeriez-pas de créer le poste pour vous?

    Avec le livre d'Ori Brafman comme guide, vous êtes sûr de réussir.

  • StartUpPreuve que les entrepreneurs font envie, quand une grande entreprise veut imaginer un nouveau développement, une diversification, j'entend souvent les dirigeants et chefs de projet dire : " ce que l'on voudrait, c'est lancer cette initiative avec un esprit start-up". La plupart du temps ceux qui parlent ainsi n'ont jamais vu de près à quoi ressemble réllement une start-up; ils ne savent même pas trés bien de quoi il s'agit.

    Car une start-up n'est pas assimilable à une petite entreprise; nombreuses entreprises de petite taille sont exactement indentiques à des entreprises plus grosses, avec le même modèle, et parfois les mêmes problèmes de manque de souplesse, de bureaucratie, d'excès de contrôle, que des grosses. Il n'y a pas de taille réservée aux erreurs de management..

    .D'ailleurs certaines petites entreprises sont fières de mettre en place des procédures dont elles croient qu'elle leur permettent de ressembler à "une boîte normale", ne se rendant même pas compte qu'elles ne font que s'encombrer de pratiques qui précisément empêchent les grosses entreprises d'être agiles.La croyance, c'est qu'avec des "comités", des " procédures de décisions" en tous genres, on va régenter de manière rationnelle le fonctionnement de l'entreprise; alors que le plus souvent on va la paralyser, et décourager toute tentative d'initiative un tant soit peu créative et originale. L'entreprise prend alors l'allure d'un petit vieux avec une tête de jeune…

    Bon, mais alors, si on veut cet "esprit start-up" on fait quoi ?

    Pour s'y repérer, le mieux est de faire l'inverse de ce que font les grandes entreprises, ou les petites qui veulent jouer aux grandes,.

    Deux idées, parmi celles qui font le plus suffoquer les dirigeants de grands groupes :

    L'ouverture au lieu du secret

    Dans un projet nouveau la plupart pensent que le point important c'est le secret, les accords de confidentilaité, les noms de code, comme dans un roman d'espionnage..

    Dans le monde start-up, ce qui compte c'est le réseau, les contacts, les communautés, la co-entreprise. l'open innovation. Dans un principe d'échanges, ce qui est valorisé, c'est la confiance. Le principe du "Give & Take". Forcément dans les Directions juridiques des groupes on rigole de cette naïveté; et on pousse à tout blinder, à contractualiser, à faire des appels d'offres pour tout; bref on enchaîne tout, et ça n'avance pas. 

    L'équipe au lieu des moyens et des process

    Pour bien innover et développer les projets, il faut des moyens, des process, de l'organisation. Les grandes entreprises adorent ça. On nomme d'abord un Directeur de l'Innovation, et un Directeur de la Stratégie, et un Directeur de la Recherche et Développement, et pourquoi pas un Directeur de l'Open Innovation. On va rédiger les chartes de responsabilités, désigner les comités qui prendront les décisions. Ah, et il faut pas oublier le Directeur Financier, qui va surveiller de près les budgets, les business plans, les cash flows prévisionnels.

    Dans l'esprit start-up, on pense que ce qui compte, c'est d'abord l'équipe : les talents, où qu'ils soinet, en interne, en externe, on rassemble, on fait travailler ensemble. Assembler les talents compte plus que de faire des notes d'organisation. On pense qu'il n'y a de bonnes idées et de bons projets qu'avec de bonnes équipes. Et faire en sorte que cette équipe apprenne dans l'action, en vrai, et pas sur les schémas de processus. C'est d'ailleurs comme ça que marche des évènements comme "Startup weekend" qui réunit des personnes qui veulent travailler sur des idées innovantes de création d'entreprise le temps d'un week-end. 

    Agir….vite

    Oui, dans l'esprit start-up, ce qui compte, c'est START : pas trop de réunions, pas de bla bla; on fonce, on essaye, on teste, ça rate, on recommence; on échoue, on lance une autre idée; on réessaye. C'est sûr que ça change du comité stratégique où l'on discute, on pèse les études, on consulte des tas d'experts, et on n'avance pas…

     Bon, alors "l'esprit start-up", on est prêt ? ou bien notre interlocuteur de la grande entreprise s'est déjà étouffé ?

  • Bebe-ordiÊtre un grand, être mature, cela consiste à être fort et puissant, fort de ses expériences, puissant par l'âge, et sa capacité à s'affirmer en s'opposant, en disant non.

    Non ?

    Et si c'était l'inverse…

    La maturité vue comme la capacité à redevenir un enfant qui dit oui…

    C'est le sujet de ma chronique du mois sur "Envie d'Entreprendre", à découvrir ICI.