• Question" Des questions ?" – On a entendu ça plein de fois; à la fin d'un exposé, d'une réunion, d'un discours. Souvent d'ailleurs il n'y a pas de questions; parce qu'on n'ose pas, parce qu'on pense que l'orateur a dit ça comme ça, mais qu'en fait il n'a pas tellement envie qu'on pose des questions ( surtout si c'est lui le chef); il voudrait plutôt qu'on exécute maintenant.

    Eh bien, les innovateurs qui créent les ruptures font précisément l'inverse : ils posent tout le temps des questions, des questions, des questions.

    C'est précisément la deuxième compétence découverte par Clayton M. Christensen, Jeff Dyer et Hal Gregersen, dans leur ouvrage " The Innovator's DNA" dont j'ai déjà parlé. Ils ont identifié cinq compétences. La première est l'association ( des idées, des personnes). La deuxième est précisément l'art de poser des questions.Car poser les bonnes questions est un art. Pour être un innovateur des ruptures, il faut poser des questions…en rupture, et surtout bien écouter les réponses pour s'inspirer. Et aussi ne pas poser les questions toujours aux mêmes ( si besoin revenir à la compétence numéro 1).

    Des questions en rupture, ce sont des questions auxquelles on ne s'attend pas toujours, qui étonnent, qui varient les points de vue. Michael Dell, interrogé par les auteurs, le dit bien : " Si j'avais une question favorite, tout le monde s'y attendrait, et je n'obtiendrais pas de bonnes réponses. Alors j'aime poser des questions auxquelles les personnes ne s'attendent pas. J'en fabrique tout le temps".

    Ce qui est bien avec ce livre, c'est qu'il donne aussi des trucs pour acquérir soi-même ces qualités d'innovateur. Par exemple le suivant :

    Pour l'art de poser des questions, les auteurs nous conseillent d'en faire une habitude et d'organiser, quand nous souhaitons résoudre un problème ou trouver des idées en équipe ( ou même seul)  non pas des " brainstorming" mais des " QuestionStorming".

    Comment ça marche ?

    Pour le problème ou le sujet, chacun des participants va écrire 50 questions ( !!), Pour partager les questions, un des participants va les écrire l'une aprés l'autre. Quelques règles à respecter : N'écrire qu'une question à la fois; pas de nouvelle question proposée tant que la précédente n'a pas été écrite; Lorsque le participant propose une question, il la pose directement ( pas de préambule, de blabla, d'explications, non, directement la question); Bien sûr pas de débat ou réponses autorisées tant que l'on n'a pas les 50 questions de chacun.

    Dans ce genre d'exercice il y a un moment où les questions ne sortent plus, alors qu'on n'est pas encore arrivé à 50…c'est le bon moment; ça ralentit…et ça repart, dans une nouvelle direction, avec des points de vue non explorés encore…

    Enfin, on va pouvoir regrouper, hiérarchiser, classer les questions…Le QuestionStorming est presque terminé.

    Pour que ça marche bien les auteurs conseillent de pratiquer régulièrement, pour entraîner notre "muscle à questions'. Aprés, on va s'habituer à toujours se poser, et poser, des questions.

    Il faut aussi varier les formes de questions : la plus importante est " qu'est ce qui.." , c'est à dire des questions pour comprendre la situation existante, ce qu'il y a vraiment dedans. Ensuite on passe aux questions qui interpellent les scénarios du futur ( " What if.."). Et puis les " Pourquoi ?", " Pourquoi Pourquoi ?", " Pourquoi pas?").

    Les auteurs nous révèlent que Richard Branson, créateur et dirigeant de Virgin, se promène avec des carnets de notes où il collectionne " plein de questions" ( j'en connais un autre qui fait ça, tiens). Ce qui permet notamment de repérer quelles question on se pose en ce moment, les types de questions, les sujets, les formes de questions; et de volontairement modifier ( d'autres formes de questions, d'autres sujets).

    D'ailleurs, les auteurs nous posent aussi des questions sur nos questions :

    – Sur quels types de questions êtes-vous le plus concentré ?

    – Quelles sont les questions qui vous permettent le mieux de comprendre pourquoi les choses sont comme elles sont ?

    – Quelles sont les questions qui vous permettent le mieux de challenger le status quo ?

    – Quelles sont les questions qui provoquent les réponses les plus émotionnelles ( excellent indicateur pour challenger l'existant) ?

    – Quelles sont les questions qui vous permettent le mieux d'explorer les terriroires les plus en rupture ?

    Ouh la la, comme on dit…J' t' en pose des questions, moi ?

    Des questions ?

  • Liberte""Quand chacun fait ce qu'il veut, on se dit – c'est le bordel – Eh bien, chacun fait ce qu'il veut…et ce n'est pas le bordel !"

    Celui qui parle ainsi, Jean-Fabien Spitz, est professeur de philosophie à paris I; c'est ainsi qu'il nous résume, hilare, la philosophie de Friedrich Hayek, chantre de l'économie de marché et inspirateur des politiques modernes de dérégulation, prix Nobel d'économie en 1974, inspirateur direct des politiques menées en Angleterre par Margaret Thatcher ( qui revient à la mode en ce moment grâce à Merryl Streep).

    Le sujet, " Hayek et l'ordre spontané", était celui de la conférence de l'AJEF la semaine dernière, cycle de conférences de grande qualité, tant par les sujets que la qualité des orateurs.

    Jean-Fabien Spitz ne faisait pas exception : Il nous a promis dès le début que, bien que n'adhérant pas personnellement à ses thèses, il allait nous présenter la philosophie de Hayek de la manière la plus convaincante possible. Tout ça avec un sourire malicieux, un ton de farceur, qui ne le quittera pas de tout l'exposé. Nous étions conquis d'avance par ce magicien.

    On n'a pas complètement compris ce qu'il reprochait au fond à Hayek, tant l'illusion était parfaite; et l'exposé d'une grande clarté ( on n'est pas professeur pour rien).

    Pour Hayek, il n'existe pas de loi objective des sciences sociales. La réalité sociale n'est faite que des représentations individuelles de chacun; et ces représentations peuvent converger. C'est ainsi que des gens, en grand nombre, ont une représentation de ce que sont les échanges et le marché, et orientent leurs comportements en fonction de ces représentations.

    La seule question à se poser, pour Hayek, c'est : est-ce que les gens qui ont ces représentations des échanges et du marché réussissent ? La réponse, sous forme de constat, est oui. Et tous ceux qui ont d'autres représentations, telle par exemple une vision de la planification centralisée, réussissent moins bien.

    Cela suffit à Hayek pour nous dire que, puisque ce système de représentation apporte plus de réussite que les autres systèmes de représentation ( même si on ne comprend pas pourquoi ni comment complètement), autant l'adopter.

    Oui, mais dis-moi, Hayek, ça veut dire quoi que "ça marche", ce système ? ( Oui, Jean-Fabien Spitz nous tenait en haleine en interpellant ainsi ).

    Cela marche, cela veut dire que le système de représentations définit une "sphère d'actions" que l'individu peut mener sans subir de contrainte ni d'intervention arbitraire d'autrui. Chacun, dans le système de représentation du marché libre, peut acheter et vendre ce qu'il veut, définir et payer le prix qu'il veut. La presse est libre, les opinions sont libres. L'individu peut agir à sa guise.Il n'y a pas de monopole.

    Ceux qui pratiquent ces représentations, et bien, ça marche pour eux : ils survivent, ils prospèrent, ils réussissent mieux que les autres. Nous constituons ainsi un "groupe civilisé" qui résout de façon satisfaisante les problèmes de l'harmonisation entre individus qui peuvent ne pas s'aimer, ne pas penser pareil, mais ça marche.Avec ce système de représentation, articulé sur le marché, on constitue " la grande société" ou " l'ordre complexe", expressions de Hayek.

    Hayek ne dit pas qu'il explique quoi que ce soit, il ne se veut pas idéologue; non, il veut juste constater là où il y a cette "sphère privée" , "sphère d'action", ça marche. Alors que tous ceux qui croient ou ont essayé autre chose, en intervenant, et bien ceux là conduisent au socialisme ( et pour Hayek il n'y a pas de demie mesure; à partir du moment où l'on veut intervenir dans le système, on ne peut plus s'arrêter et on court vers le socialisme total). Et le socialisme, et bien, ça ne marche pas.

    Mais, dis-moi, Hayek, cet ordre spontané qui s'est formé, quelle est l'attitude rationnelle la meilleure pour nous face à lui ? Oui, Jean-Fabien Spitz ne le lâche pas, et pose les questions à notre place; il joue les deux rôles, nous et Hayek; et avec le sourire du malicieux qui en a une bien bonne à nous sortir, il nous rpond du tac au tac…

    Eh, bien, face à cet ordre spontané, qui est le résultat d'une évolution, d'une convergence des représentations qui n'a été décidée par personne, qui est comme elle est, Hayek imagine deux attitudes rationnelles possibles…la mauvaise et la bonne.

    Jean-Fabien Spitz, pour nous tenir en haleine, commence par la mauvaise attitude : celle du rationnel naïf. Avec un nom pareil, on devine tout de suite qu'il se trompe celui-là.

    Le rationnel naïf, c'est celui qui croit qu'il faut se donner un objectif précis, puis se donner les moyens de réaliser cet objectif. C'est le modèle de l'artisan qui fabrique une montre ou une porte de placard, et qui, si ça ne marche pas complètement comme il veut, comme il faut, la démonte complètement et la remonte. Pour le rationnel naïf, si ça ne marche pas, il faut refaire, il faut corriger.

    On le voit venir Hayek avec son rationnel naïf : il s'en prend ainsi aux "réformateurs", ceux qui pensent que si quelque chose ne va pas dans la société, eh bien il faut le corriger, le réformer; et celui qui va s'y coller c'est l'Etat. Ouh la la, la grosse erreur !  Ce réformateur est un rationnel naïf car il croit que l'ordre, ce qui marche bien, c'est ce qui a été fait et pensé par quelqu'un ( quelqu'un de bien qui a imaginé la société parfaite). Mais non : regardez les cristaux de neige, nous dit Hayek, ils sont dans un ordre impeccable, mais personne ne les a pensés.

    Autre grosse erreur du rationnel naïf, il croit que si il y a des effets indésirables dans la société, il faut les corriger : ainsi il en arriverait à imaginer qu'il faut faire quelque chose pour les pauvres; quelle hérésie ! Tiens, par exemple pour le coût du logement trop cher, il voudrait bloquer les loyers; mais alors le système se déglingue ailleurs et c'est la crise de l'immobilier, plus de logements à louer par les propriétaires. En fait, oui, il y a des effets indésirables dans l'ordre spontané, mais si on essaye de les corriger, on fait plus de mal que de bien. On le sait bien, le mieux est l'ennemi du bien. Pour Hayek, dans un système qui voudra intervenir, eh bien il y aura plus de pauvres que dans un système basé sur la représentation du marché libre.

    Pour Hayek, il y a toujours des effets indésirables, et peut-être même qu'il n'y a pas d'ordre sans effet indésirable.Pour Hayek, il existe des systèmes que l'on ne comprend pas complètement et qui, si on voulait les corriger pour en éliminer les effets indésirables, ne marcheraient plus du tout. Par exemple le langage : personne ne met exactement les mêmes choses dans les mêmes mots, chacun s'exprime différemment, et on ne sait pas complètement comment ça marche. Mais celui qui déciderait de ne plus parler à personne tant qu'il n'aurait pas compris complètement comment marche le langage se retrouverait bien seul pendant longtemps.

    C'est simple, pour Hayek, l'ordre spontané, avec ses qualités et ses imperfections, sait produire des choses qu'aucun cerveau ne pourrait imaginer, et si on voulait le corriger, on risquerait de le détruire.

    Il faut accepter pour Hayek que ces ordres n'ont pas été inventés, ils sont le résultat d'une évolution lente, et évoluent encore. Ils produisent des effets extraordinaires, nous le voyons, mais on ne comprend pas pourquoi.

    Pour Hayek la bonne attitude, ce n'est pas celle du rationnel naïf, mais au contraire de celui qu'il appelle le "rationnel critique", qui ne cherche surtout pas à casser le système pour essayer d'en éliminer les effets indésirables, mais qui accepte le système tant qu'il résout des problèmes complexes qu'il ne comprend pas, mais en produisant des effets miraculeux ( correxpondant pour Hayek à la satisfaction des besoins et à la création de richesses).

    Ce qu'il faut, pour Hayek, c'est adopter des "valeurs", des "façons d'agir", celles qui réussissent; il appelle ça une "attitude abstraite".

    Le "rationnalisme critique", c'est en fait une règle générale de conduite, que chacun se représente, pas toujours de manière complètement explicite, dont les effets concrets sont imprévisibles, mais qui à long terme, permettent à ceux qui pratiquent cette attitude abstraite, en tant que groupe, d'être gagnants.

    Pour Hayek, la raison, c'est l'ensemble des règles que nous pratiquons entre nous spontanément ( et non des règles qui auraient été inventées, et imposées).Les groupes qui vivent d'aprés ces valeurs réussissent mieux que les autres, même si il y a toujours des escrocs qui ne les respectent pas parmi eux.

    C'est ainsi que l'ordre marchand, le marché libre, correspond à de telles valeurs, et ceux qui le pratiquent réussissent mieux que les autres.

    Oui, mais dis-moi Hayek – oui, Jean-Fabien Spitz revient mettre son grain de sel – qu'y a-t-il dans ces valeurs, cette "sphère privée", dont tu nous parles ? Comment on s'y retrouve.

    La voix de Hayek le facécieux revient…

    Pour Hayek, il y a deux types d'attentes vis à vis des autres.

    La première catégorie, ce sont les attentes qui, si elles sont déçues, empêchent l'ordre social : Ainsi, je vend quelque chose, je m'attend à être payé du prix accepté. Si je suis déçu, si ce n'est pas le cas, systématiquement, cet ordre social ne peut pas marcher. Et bien, ce sont ces attentes, que je pourrais ou non lister complètement, qui correspondent à la "sphère privée", à l'ordre ( j'avais l'impression que jean-Fabien Spitz / Hayek me disait " tu comprends ça jeune Padawan ?").

    Alors qu'il existe d'autres attentes qui, elles, peuvent être déçues, mais ne remettent pas en cause l'ordre social. Ainsi j'aimerais séduire tous ceux qui me plaisent; je n'y arrive pas toujours; mais j'accepte cette déception. Cela ne remet pas en cause l'ordre social.

    Ces règles qui ne peuvent être déçues pour que ça marche, Hayek les appelle les "règles de juste conduite". Personne n'a décidé ces règles, elles sont là, ce sont les règles dont le respect donne naissance à  "l'ordre civilisé", "l'ordre complexe".

    Et, on y arrive, on voit ce que Hayek confie à l'Etat ( car, contrairement aux libertariens et amis de Ron Paul, Hayek n'est pas contre l'Etat) : l'Etat, les Lois, sont là pour traduire ces "règles de juste conduite", ces normes qui président à l'ordre complexe.

    L'Etat est là pour appuyer les décisions, la Justice pour sanctionner ceux qui contreviennent aux normes.

    Mais ces Lois, pour Hayek, elles sont déjà là. La notion de souveraineté d'un Etat est absurde; elles sont là les Lois.

    La seule chose que doit faire l'Etat c'est que les normes soient respectées, soient transmises ( l'Education est majeure). C'est l'application de ces règles qui fait réussir.

    Alors, oui , chacun fait ce qu'il veut, sans contrainte, ….et ce n'est pas le bordel .

    Ainsi le système présenté par Hayek, c'est celui qui marche, qui permet de faire vivre ensemble des gens qui n'ont pas les mêmes besoins, pas les mêmes objectifs,qui peuvent ne pas s'aimer et même se détester, et qui réussissent quand même à vivre ensemble.

    On renonce ainsi à avoir une identité d'objectifs qui seraient imposés par la contrainte ( l'Etat); car, il nous l'a dit et répété, ça ne marche pas. Les règles sont ouvertes, les objectifs sont ouverts. Tous ceux qui veulent fermer, fermer les objectifs, mettre des règles imposées, construisent des systèmes qui ne fonctionnent pas.

    Dans nos entreprises aujourd'hui, ce système d'ouverture, de valeurs et de "règles de juste conduite" est celui qui les fait réussir. Et toute les évolutions du management et du fonctionnement du travail vont dans ce sens.

    On comprend que cela est plus compliqué pour les politiques et tous ceux qui veulent changer la société.Ceux là, ils sont loin de se "Hayekiser". 

    Pas facile de faire émerger les "règles de juste conduite" en ce moment.

    En tous cas, nous avions tous, je pense, la "juste conduite" d'avoir admiré la prestation de Jean-Fabien Spitz.

    Et repartions, qu'on n'adhère ou pas, avec de l'admiration pour la cohérence du système présenté.

  • Charles-de-gaulle-arc-de-triomphe-paris_(1)Les idées innovantes fleurissent à l'intersection d'expériences et de rencontres diverses, celles des autres et les nôtres. C'est un peu comme ces douze rues qui débouchent place de l'Etoile. Plus on permet une rencontre de ces rues en un point où se trouve l'innovateur, plus on provoque cette probabilité de faire sortir une idée nouvelle.

    Associer les idées, les personnes, les situations, c'est précisément une des cinq compétences clés des innovateurs de rupture ( ceux qui inventent des produits fantastiques, qui résolvent des problèmes,..), identifiées par les auteurs Clayton M.Christensen, Jejj Dyer et Hal Gregersen dans leur ouvrage " The innovator's DNA" : cet ouvrage en recense cinq.

    Cette capacité à fréquenter des milieux divers, des personnes d'âges différents, des lieux variés, on comprend combien elle peut être un vrai atout pour innover. On peut bien sûr en faire une hygiène permanente; c'est ce que nous disent ces auteurs. Mais pour ça il n'est pas forcément nécessaire d'aller dans des endroits incroyables, car cela dépend beaucoup de notre capacité à observer, à écouter, à provoquer des rencontres, même dans notre quartier, dans notre entreprise, avec nos proches. C'est plus une attitude. Certains profiteront des rencontres qu'ils font; d'autres n'en tireront aucun bénéfice, enfermés dans leurs convictions et leurs a priori.

    Cela passe aussi par l'entraînement à rapprocher des concepts et des idées d'origines trés différentes; on appelle ça la "pensée latérale"; recourir aux sciences sociales pour comprendre l'entreprise; aller rechercher dans l'histoire des contextes inspirants pour comprendre le présent,…

    Les auteurs de " The innovator's DNA" nous donnent quelques "trucs" intéressants pour développer par nous-mêmes cette capacité à l'association.

    L'un d'eux est ce qu'ils appellent les " associations forcées". L'idée est de rapprocher des listes de produits ou des noms différents pour faire naître des idées grâce à ce rapprochement.

    Faites la liste des sujets ou problèmes pour les quels vous cherchez des réponses ou des idées.

    Et ouvrez un catalogue de produits ( physique ou sur internet); prenez une page au hasard, un produit; et mettez ce produit en regard de votre problème : alors, qu'en peut-on en tirer ? Quelle association en déduit-on ?

    Selon le même principe, je vous livre un exercice que je pratique moi-même trés fréquemment.

    Entrez dans une librairie, prenez un livre au hasard, ouvrez le, lisez deux lignes.

    Repartez ( pas forcément en ayant acheté le livre; même si cela m'arrive parfois)

     Voilà une inspiration pour aider à réfléchir au problème ou sujet que vous avez en tête.

    Une autre inspiration ? Entrez dans un autre magasin, portez le regard sur les personnes qui sont là, les produits,..vous avez compris.

    Ce type d'exercice peut forcément sembler un peu loufoque, mais imaginons de le pratiquer régulièrement, de noter toutes ces inspirations sur des petits cahiers; et si il en sortait des réponses, des idées nouvelles ?

    Les associations sont en effet le fruit du hasard et des rencontres; mais peuvent, grâce à ce type d'exercice être démultipliées, et enrichies chaque jour de la vie quotidienne.

    C'est facile ces associations; et cela donne envie d'essayer; sympa cet ouvrage sur " The innovator's DNA".

    Il reste encore quatre compétences qui sont exposées dans ce livre.

    De quoi en faire d'autres post ici. Chic !

  • Frugal-moneyEn ce moment, dans les entreprises, si j'en crois les dirigeants que je rencontre, on est dans le paradoxe : 2012, il va falloir innover, car les ventes, les commandes, vont dépendre de notre capacité à étonner les clients. Mais, en même temps, on craint un peu ( ou beaucoup) la crise, et il ne faut pas se lancer dans des projets ou des investissements trop risqués. Et puis, ces consommateurs que l'on veut convaincre d'acheter, eux aussi ils vont faire attention à ne pas acheter n'importe quoi, ils vont faire attention à leurs dépenses.

    C'est valable dans le commerce, mais aussi dans les business B to B, et même dans le transport public ( il est déjà impossible aujourd'hui de faire fonctionner un service de transport urbain – bus, metro, tramway – sans subventions publiques, et quand les collectivités locales elles-mêmes cherchent à faire des économies, l'innovation cela consiste à proposer plus avec moins de coûts).

    Alors, de l'innovation, mais dans un contexte de dépenses réduites; on pourrait appeler ça " l'innovation frugale".

    C'est précisément ce que dit Peter Löscher, PDG de Siemens, dans un article figurant dans le recueil " Le monde en 2012" du journal The Economist, et traduit en français grâce à Courrier International.

    Mais l'innovation frugale, cela ne consiste pas à faire des produits dégradés, non;

    " Ceux qui rencontrent le succès ne sont pas simplement des produits qui existent déjà, dépouillés de certaines caractéristiques. Ce sont souvent des produits révolutionnaires, conçus à l'aide d'un budget extrêmement réduit. Je les appelle les produits SMART ( Simple, Maintenance-friendly, Affordable, Reliable, Timely to market). Les innovations à l'origine de ces produits peuvent être technologiques, se fonder sur de nouveaux procédés de fabrication ou s'imspirer d'un modèle d'entreprise novateur. Quand on manque de ressources, ce n'est pas un obstacle, mais une motivation pour l'innovation frugale".

    Cette innovation frugale, c'est précisément, selon Peter Löscher, ce que sont en train de faire les pays émergents; et pour que les grandes sociétés multinationales puissent rester compétitives dans ce contexte, elles doivent devenir des acteurs "multilocaux", et se doter de processus d'innovation plus ouverts.

    Les meilleures idées de produits frugaux vont surgir dans des petites start-up qui vont aller puiser l'inspiration directement auprès des "clients".C'est d'autant plus d'actualité que dans les pays en développement, la population qui émerge de la pauvreté se compte en millions d'individus.Et , comme le fait remarquer Peter Löscher :

    " Les clients frugaux d'aujourd'hui sont les consommateus haut de gamme de demain".

    Dans la même revue, un business angel, Ron Conway, se déclare trés optimiste, car il est convaincu que les applications qui lient géolocalisation et réseaux sociaux vont se multiplier, et favoriser le développement du commerce de proximité.

    Lui aussi croit à l'innovation frugale, et au concept de la "consommation collaborative", popularisée par Rachel Botsman :

    " Pour la première fois dans l'Histoire, l'avènement des réseaux et des appareils de télépholie mobile a créé l'efficacité et le ciment social nécessaire pour permettre le partage et l'échange de biens, qu'il s'agisse de voitures, de vélos, de compétences ou d'espace disponible".

    Les consommateurs vont privilégier la location par rapport à l'achat, l'usage plutôt que la propriété. Idem pour les communautés qui se constituent pour proposer, grâce à des entrepreneurs innovants, des locations entre particuliers de chambres en ville, des systèmes d'autopartage, etc..

    Cette innovation frugale, elle va être en 2012, un sujet pour faire naître des idées et des entrepreneurs…en abondance.

    Vive la frugalité de l'abondance !

  • Futur22Dans les Directions des ressources Humaines, on hésite : faut-il s'occuper de l'urgent, des coûts à réduire, de l'efficacité pour tout de suite; ou bien se concentrer sur les talents de demain, le développement du management ?

    Et si, pour bien agir à court terme, orienter les bonnes décisions, il fallait penser, justement, long ?

    C'est le sujet de ma chronique sur " Envie d'entreprendre" de ce mois; la première de l'année.

    Pour faire court, il suffit d'y aller directement ICI.

  • Cadeau1On dirait une question d'enfant. Une question pour Noël.

    Elle m'est revenue à l'occasion.

    Un cadeau que l'on offre, c'est donner quelque chose sans rien demander en échange. C'est pour " faire plaisir", pour marquer un évènement heureux, pour fêter ensemble quelque chose. C'est complètement différent que d'acheter quelque chose ( les marchands et les commerçants, eux, ne font pas de cadeaux, ou des faux – on appelle ça des promotions – mais c'est pour faire acheter plus).

    Un cadeau, c'est un "don" trés particulier, qui n'a pas grand chose à voir avec le besoin; c'est juste qu'en recevant le cadeau il arrive quelque chose de particulier, un cri de joie, une émotion, un petit plaisir.

    Car ce qui est bien avec les cadeaux, c'est ce n'est justement pas leur valeur "marchande" qui en fait la vraie valeur; il peut-être un tout petit objet, comme un symbole. Car c'est souvent "ce qu'il veut dire" qui est important.

    Le cadeau, le vrai, est comme une apparition. Il apparaît sous mes yeux.

    C'est pour ça que le papier cadeau est important, la couleur, le ruban, les ficelles; c'est une tellement belle mise en scène pour l'apparition du cadeau.

    Quelque chose dont je ne me doute pas va apparaître, je déchire le papier, je m'embrouille dans les noeuds de la ficelle; j'ouvre la boîte…et je sors le cadeau. C'est un moment de grâce, juste pour moi qui reçoit le cadeau, sous les yeux de celui qui fait ce don.

    C'est maintenant que ça se passe, c'est le plus beau moment du cadeau; c'est un …" présent" ( comme notre langue est bien faîte).

    Ce moment de plaisir je vous souhaite de l'avoir connu pour Noël, forcément.

    Mais ce symbole du cadeau et du présent, il y a plein de façons de le donner, y compris dans nos entreprises; on appelle ça la générosité; certains ont plus de mal que d'autres à la trouver. Il suffirait peut-être de juste penser à ce fameux paquet cadeau…Et à ce joli rituel qui l'accompagne, comme une chorégraphie.

    C'était mon cadeau de Nöël pour mes lecteurs…Prenez le temps de défaire le paquet.

  • HumanisteDans son exposé à l'AJEF, Catherine Colliot-Thélène a évoqué la notion d' "exellence" dans le travail théorisée par Max Weber, notamment dans son ouvrage " L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme".

    Cette excellence, aujourd'hui, comme au temps de Max Weber, est généralement assimilée à la spécialisation. C'est en se spécialisant, en devenant expert d'un domaine, que l'on approche de cette excellence dans un métier. C'est ce que l'on attend d'un consultant-expert; c'est ce qui fait le progrès ( et ce qui d'ailleurs fait craindre à certains une panne de l'innovation, chacun se spécialisant de plus en plus, au point qu'il n'est plus possible de traiter d'un sujet sans réunir une communauté d'experts en tous genres – j'en ai parlé ICI).

    Pourtant, Catherine Colliot-Thélène nous a fait remarquer que la vie de Max Weber était à l'opposé de cette "spécialisation". Je retrouve ces précisions dans son ouvrage trés pédagogique " La sociologie de Max Weber" . elle indique, outre une formation trés diversifiée, entre philosophie, droit et économie, une curiosité intellectuelle particulièrement remarquable du jeune Weber qui dévore, à l'âge de douze ans, Spinoza, Schopenhauer, Kant, mais aussi Homère, Hérodote, Virgile, Cicéron, Goethe, Machiavel. Une sorte de parcours parfait du jeune génie. Culture que l'on retrouve dans les écrits scientifiques ou politique de sa matûrité, où les champs couverts sont trés vastes.

    c'est donc dans une position un peu tragique que nous le présente catherine Colliot-Thélène :

    " Weber a constaté la spécialisation croissante, à ses yeux inévitable, de la formation académique, et il savait que cette spécialisation signifiait la fin d'un idéal de culture humaniste que Goethe, notamment, avait porté à l'espression dans le personnage de Faust. Mais lui-même était encore un représentant de cette culture humaniste, un personnage entre deux époques, d'autant plus sensible à ce que le présent et le futur prévisible présentaient de nouveau qu'il avait une claire conscience de ce qui s'y perdait".

    Cette culture humaniste et de généraliste, elle est pourtant encore aujourd'hui défendue par certains. Cet héritage de Max Weber peut encore, peut-être, être préservé. Pour comprendre " la crise" nous allons peut-être avoir besoin de ceux qui prennent ce recul de généraliste, qui regardent les sujets et les situations avec des grilles de lecture variées, qui se réclament de la posture de Max Weber. 

    Souhaitons qu'ils soient encore nombreux.

  • AmbitionIl est facile et courant d'entendre que, pour faire réussir une entreprise, il faut lui donner une " ambition forte".

    Malheureusement, une fois dit ça, on se trompe aussi souvent sur ce que veut vraiment dire une " ambition" pour une entreprise, et quelle formulation de cette ambition est la plus à même de la faire réussir.

    Je trouve dans l'ouvrage d'Olivier Vassal, " Quand le don de soi ne va plus de soi…", quelques éléments de réponse intéressants.

    " Issu du latin ambire, "entourer", l'étymologie de ce mot n'est pas anodine. Affirmer une ambition ce n'est pas fixer quelques grands objectifs, aussi "ambitieux" soient ils. C'est englober dans un ensemble cohérent la raison d'être ( ce que je suis, et pourquoi j'existe, ce à quoi je crois) et la vision (comment je vois le monde). C'est à sa capacité à relier qu'on juge la valeur d'une ambition*;

    Et pour définir ce qui fait d'une ambition un vrai levier de changement, Olivier Vassal nous livre trois caractéristiques qui font une "bonne" ambition :

     " 1. Elle est attrayante, et ceci quels que soient les publics auxquels elle s'adresse. A cette fin elle dépasse forcément l'expression d'un couple croissance/rentabilité.

    2. Elle est claire, simple à saisir comme à exprimer. Dans ce cadre, il faut veiller à lui donner un contenu concret et éviter les expressions toutes faites. Plus que les mots utilisés, ce qui est important c'est la crédibilité qu'on leur attache. Il faut bannir toute ambiguïté, donner une direction claire qui ne nécessite pas d'explications alambiquées.

    3. Enfin, elle est réaliste car étayée, et n'est en rien un acte de foi qui prendrait l'interne en otage. Elle est par contre un véritable engagement qui s'impose à tous et ne souffre pas d'exception".

    Ces qualicatifs, claire, simple, engageante, réaliste, ont de quoi rendre ambitieux sur l'ambition.

    Ceux qui n'y arrivent pas trop sont ceux qui croient berner leur monde avec des mots creux, et qui n'expriment pour leur entreprise que des objectifs de chiffre d'affaire, de rentabilité, de taux de croissance.

    Tous ces objectifs sont certes utiles pour mesurer les progrès, mais ne permettent pas à eux-seuls d'affronter les difficultés, les échecs, les découragements, ni d'entraîner les collaborateurs. Car si les objectifs peuvent rendre responsables les collaborateurs, ils ne parviendront jamais à les impliquer. C'est toute la différence, comme le dit Olivier Vassal dans son livre, entre fonctionner et construire.

    A l'heure où l'on se demande, dans nos entreprises, ce qui va se passer en 2012, c'est peut-être le bon moment d'aller revoir nos ambitions, notre raison d'être, et de réaffrimer une vision.

    Car une bonne ambition, si l'on en croit la source étymologique, c'est le meilleur moyen de bien " s'entourer".

  • DifferentsLa dernière conférence de l'AJEF, dont je rend compte régulièrement, comme ICI, était consacrée à Max Weber, par Catherine Colliot-Thélène, professeur de philosophie à l'Université de Rennes.Le sujet générique de ce cycle de conférences est :

    Qu'est-ce qui fait société ? La religion, l'Etat, l'Economie ?

    On y parle, à partir d'un philosophe politique, de ce qui fait notre " vivre ensemble", et des théories sur le sujet.

    Catherine Colliot-Thélène connaît tout de Max Weber, y compris les détails de sa vie. Et quelle vie !

    Cet auteur, qui vécut de 1864 à 1920 en Allemagne, elle nous l'a décrit comme un personnage " hors normes", considéré aujourd'hui comme un des éléments fondateurs de la sociologie moderne ( le mot sociologie n'existait pas à l'époque, et Max Weber contribuera à le faire naître). Cet auteur célèbre pour sa critique du capitalisme moderne est en effet un personnage singulier.

    Il fréquente des disciplines diverses, l'histoire, l'économie, le droit, s'intéresse aux religions ( même s'il dit ne pas avoir l'oreille musicale pour la religion), à toutes les religions, au point de se consacrer à l'éthique économique des grandes religions du monde).

    Pourtant son oeuvre n'est pas composée de volumes bien structurés, mais plutôt de notes, d'articles ( les dits articles faisant parfois jusqu'à 150 pages au point de ressembler à un livre), sans titre ( le titre d'un de ses ouvrages les plus célèbres " Economie et Société" n'est pas de lui, et certains contestent que Max Weber ait pu mettre un tel titre sur l'ouvrage).

    C'est un professeur, mais qui a trés peu enseigné, car la maladie et la dépression l'ont empêché; il s'est plutôt consacré à la recherche. Il est connu pour des conférences célèbres, qu'il tenait dans des cafés.

    Son apparence, aussi, en fait un être à part : les habits, les cheveux, le regard, tous les témoins de l'époque témoignent de son côté, on dirait aujourd'hui marginal.

    Et pourtant, ces mêmes témoins relatent la fascination que ses conférences exerçaient sur l'auditoire; et ses écrits, encore aujourd'hui, en font une sorte de "vache sacrée", c'est à dire un auteur qu'on ne peut qu'invoquer.

    Catherine Colliot-Thélène a ensuite essayé de rapidement nous faire sentir cette fascination, ce caractère extraordinaire de l'auteur, qui, dans les années 70, a été l'idole des intellectuels qui ne voulaient pas du marxisme; avec un regain encore fort dans les années 90 et 2000.

    Difficile de dire si c'est ce côté marginal, pas comme les autres, qui en fait un auteur hors du commun; Catherien Colliot-Thélène ne l'a pas formellement exprimé, mais on sentait quand même que cette fascination faisait partie de sa vocation pour s'être ainsi passionnée pour Max Weber.

    Alors, pour exister, il faut être différent ?

    A côté de moi pour assister à cette conférence se trouvait justement Charles : Charles, il est à un croisement important de sa carrière, car il va choisir son orientation pour ses études supérieures. Il hésite, lui entre les fillières les plus tracées ( la prépa, les grandes écoles, Sciences Po, HEC, l'ENA,…), il est bien renseigné.

    Et puis, il est sûrement aussi attiré par les figures originales, ceux qui sont devenues des stars des affaires, de la créativité, de l'innovation, qui ont réussi leur vie sans suivre ces chemins tout tracés…Alors, forcément, Max Weber, ça l'interroge. Pour devenir Max Weber, fasciner les foules, c'est peut-être pas les parcours trop bien balisés qu'il faut prendre, mais les chemins de traverse ? Entreprendre, mordre dans la vraie vie, toucher à tout.

     Il me demande conseil…

    Pas facile…ce dilemne que l'on rencontre tout le temps entre faire ce qu'il faut faire, reproduire les bonnes pratiques de ceux qui nous ont précédé, ou prendre des risques, faire différent, mais comment ?

    Qui aurait pensé que Max Weber inspirerait une telle discussion ? Et Max Weber, il m'aurait conseillé quoi ?

    Pas sûr que ses oeuvres nous apportent la réponse….quoique….

  • Source-eau-qui-jaillit"Ne désespérez pas les formidables attentes de vos concitoyens et de vos salariés, libérez leur créativité, et épanchez leur soif de reconnaissance".

    Qui envoie ce message aux décideurs politiques et économiques, à nous, les managers et les dirigeants d'entreprises ?

    Jean-Paul Delevoye, président du CESE ( Conseil économique, social, etenvoronnemental), dans un entrerien à La Tribune début décembre.

    Pour Jean-Paul Delevoye, nous sommes à la fin d'une société de consommation qui détruit la richesse individuelle, et où l'homme vaut plus pour ce qu'il dépense que ce qu'il pense.

    Dans notre société d'aujourd'hui, il est difficile d'imposer le collectif; l'individu a soif de liberté et ne veut plus appartenir à un camp, il veut choisir son camp.

    " Il ne faut plus obliger les gens à adhérer, il faut les amener à aimer choisir".

    Car, comme l'a déjà dit Saint Ignace de Loyola, choisir c'est préférer.

    Cette remarque qu'il adresse aux citoyens et politiques, on peut la reprendre pour nos organisations et entreprises. Nos équipes se construisent de plus en plus, elles aussi, par le rassemblement volontaire de ceux qui " aiment choisir" ensemble.

    Jean-Paul Delevoye veut faire du CESE une " maison des citoyens", afin de permettre à des citoyens de s'approprier les enjeux. Car les citoyens veulent être les co-producteurs du futur.

    "Les idées n'appartiennent pas à ceux qui dirigent".

     

    Ce qu'il aimerait voir mobiliser ce sont ce qu'il appelle " les ressorts politiques civiques de générosité assez fabuleuse".

    Co-création, les idées qui n'appartiennent pas à ceux qui dirigent, la créativité, la soif de reconnaissance, la générosité.

    Pour une fois, c'est un politique qui nous rappelle ces vérités pour "vivre ensemble" dans nos organisations. C'est d'ailleurs le titre de la réflexion qu'il vient de lancer au CESE.

    Une bonne raison d'y être attentif.