• Mer

    Suite à cet exposé, pour passer encore un peu de temps avec Hegel, je me suis plongé dans l'ouvrage de Jean-François Kervégan : "L'effectif et le rationnel – Hegel et l'esprit objectif" (Editions Vrin).

    Bonne occasion de revenir à la notion d'Etat que Hegel a particulièrement étudié.

    Il passe d'ailleurs pour en être le défenseur acharné, en opposition aux penseurs libéraux, qui voudraient s'en passer.

    Forcément, en fouillant un peu, on constate, grâce à Jean-François Kervégan, que c'est plus subtil que ça.

    Dans un Peuple sans Etat, Hegel voit ce qu'il appelle le vulgus, c'est à dire une collection d'individus et de groupements supposés exister par eux-mêmes, et qui, si elle pouvait exister comme ça serait " une puissance sans forme, sauvage, aveugle, comme celle de la mer agitée".

    Une telle masse, selon Hegel, " ne sait pas ce qu'elle veut".

    Hegel rejette alors les deux visions de ce Peuple, tant la vision démocratique que la vision libérale.

    Vision démocratique : la masse des individus se tient face aux gouvernants,selon le principe de la souveraineté populaire. Or, pour Hegel, une masse inorganisée n'est pas susceptible d'une volonté unifiée. c'est d'ailleurs pourquoi Hegel ne croit pas non plus au sufffrage universel. Pour lui la qualité de " membre de l'Etat" (citoyenneté) est une " détermination abstraite", alors que le statut de membre de la société civile (métier, corporation), lui, ne l'est pas. Donc, exit la conception de la souveraineté populaire.

    Vision libérale : le peuple est un conglomérat d'individus dotés chacun d'un projet ou d'une volonté propre. La vision libérale du peuple, c'est celle d'un peuple dont la volonté est celle d'une majorité d'individus. Hegel rejette cette vision, parce qu'elle repose sur le postulat inexact de l'indépendance de la volonté singulière, et parce qu'elle end impensable le lien politique lui-même, qu'il appelle " la réunion en tant que telle".

    Alors, l'Etat hegelien, ni souveraineté populaire, ni majorité d'individus, c'est quoi ?

    Pour Hegel, selon Jean-François Kervégan, c'est en tant que peuple unifié ( populus) grâce à la médiation représentative, c'est donc en tant qu'Etat, que le peuple est souverain.

    La définition de la souveraineté selon Hegel ( que Jean-François Kervégan qualifie d' "énigmatique" ) est : " pensée universelle de l'idéalité".

    Cette "idéalité" correspond au fait que les pouvoirs de l'Etat sont dans " l'unité de l'Etat en tant qu'elle est leur soi simple".

    L'Etat de Hegel est donc une "idéalité" : il est la vie du tout, l'identité mobile d'une multiplicité ( ainsi parle Jean-François Kervégan), " la réunion en tant que telle" ( ainsi parle Hegel).

    Pour Hegel, le populus n'est ni vulgus, ni multitudo, comme le voient les doctrines démocratiques et libérales de la souveraineté du peuple.

    L'Etat est souverain parce qu'il est le suel fondement de sa propre puissance.

    Cet Etat est donc vu comme une puissance naturelle qui s'impose d'elle même en tant que souveraineté. C'est une vision effectivement trés idéale de l'Etat que porte Hegel. C'est en fait l'identité d'une communauté. Et, pour Hegel, elle doit aussi s'incarner :

    " La personnalité de l'Etat n'est effective qu'en tant qu'elle est une personne, le monarque".

    Jean-François Kervégan poursuit la pensée : " Même en démocratie, un individu doit se détacher et prendre sur lui l'actualisation de la volonté commune; sinon il faudrait s'en remettre pour le choix du kairos à un destin aveugle ou aux diverses formes de la divination".

    En cette pèriode où se prépare le renouvellement d'un poste important de l'Etat en France, cette lecture hegélienne vient porter un regard particulier sur la situation : Face à notre mer agitée, aux individus pris dans une société civile agitée par la mondialisation, le choix de celui qui viendra "actualiser notre volonté commune" (j'aime bien l'expression), sera celui qui, le mieux, représentera "l'identité mobile d'une multiplicité" (joli aussi).

    L'Etat que veut Hegel pour nous n'est pas celui qui entrerait en lutte contre la société civile, mais au contraire il est une médiation entre la sphère du social et la sphère du politique.

    Et Jean-François Kervégan nous appelle à méditer sur un des paradoxes de notre modernité :

    " Alors même que l'espace institutionnellement politique a pour assise la fluidité du monde social, celui-ci suppose, pour ne pas succomber aux contradictions qui le traversent, la médiation de ce qu'il médiatise. Là réside sans doute l'impossibilité de tout dépassement du politique".

    De quoi nous faire aimer la politique ?

  • Hirondelles

     Fractionnement des intérêts, individualisme, repli sur soi, on connaît ces caractéristiques des sociétés dites modernes, comme la nôtre.

    Et on se dit alors : qu'est-ce-qui fait encore société ? C'est précisément le thème des conférences de l'AJEF, toujours passionnantes, dont j'ai déjà rendu compte ICI, ICI, et ICI.

    Le dernier intervenant, Jean-François Kervégan, vit et respire depuis plus de 25 ans avec Hegel; il en connaît par coeur, en allemand, les citations de ses oeuvres, sa correspondance, ses cours. Impressionnant ! Preuve supplémentaire que c'est bien la passion qui permet de voir grand , valable pour les professeurs de philosophie comme pour les entrepreneurs.

     Pas facile d'avouer une passion pour Hegel, tant ce philosophe promène avec lui cette réputation d'être le défenseur de l'Etat, le précurseur de Hitler, aussi bien que de Lénine ou de Staline, l'ennemi de la démocratie, l'anti-libéral. Réputation parmi ceux qui ne l'ont probablement jamais lu, tant est difficile l'accés à ses oeuvres.

    C'est pourquoi la tâche de Jean-françois Kervégan n'était pas facile.

    Le concept pour lequel Hegel peut être considéré comme l'inventeur semble aujourd'hui banal, mais il mérite qu'on y revienne, c'est celui de la société civile, et de ses rapports avec , justement, l'Etat.

    Ce que cherche à résoudre Hegel est le paradoxe : Comment peut-on créer de l'unité là où tout conduit au fractionnement des intérêts ?

    Avec Hegel, l'analyse de la société va s'écarter du modèle hérité de la civilisation grecque, qui divisait la société en deux : la polis, c'est la partie publique de la Cité, celle qui nous fait citoyen; et la partie privée, c'est celle de la maison, de la famille, c'est l' oikos, l'économie.

    C'est Rousseau qui se lamentait de la disparition de cette conception de la société polis, et ne voyant dans l'individualisme que des "bourgeois, c'est à dire rien". Ces bourgeois sont les individus, préoccupés de leurs seuls intérêts particuliers, en opposition aux citoyens de la cité grecque, qui ont le souci de la communauté.

    Hegel a d'abord souscrit à cette thèse, valorisant la cité grecque contre le monde moderne. Et puis, il va ensuite changer, en acceptant la réalité du monde moderne, et en adaptant sa philosophie à cette réalité moderne. Cette prise en compte de la réalité pour constuire une autre réflexion, quel bel exemple de Hegel pour tous ceux qui n'arrivent pas, justement, à sortir des vieux schémas. voilà au moins un enseignement à tirer de Hegel.

    Ce que va alors chercher Hegel c'est : Comment peut-on intégrer politiquement une diversité qui, il l'admet en observant la société moderne, et le développement des échanges économiques, est socialement nécessaire ?

    C'est ainsi qu'il va concevoir une nouvelle dféfinition de la société civile, distincte de l'Etat. Pour Hegel, la société civile est précisément ce qui n'est pas politique (la politique, c'est l'Etat). Hegel va se réconcilier avec le monde moderne pour repenser sa philosophie en tenant compte des mécanismes économiques.

    La société civile, c'est la sphère de la vie sociale, séparée des questions du gouvernement des hommes. Elle est bien analysée par Hegel comme un espace économique et social auto-régulé, un ordre social dépolitisé. C'est le moment libéral de Hegel, selon jean-François Kervégan.

    Mais ce qui choque Hegel, c'est de constater que ce qui peut fédérer les intérêts particuliers ne vient que de l'extérieur, c'est "la main invisible" du marché dont parle Adam Smith. On peut ainsi coordonner les intérêts particuliers, mais on ne peut pas les fusionner. C'est pourquoi il fait intervenir le rôle de l'Etat. L'Etat ne peut être réduit à être une sorte de "veilleur de nuit du libéralisme"; non, pour Hegel, le rôle de l'Etat va plus loin et consiste à développer entre les intérêts particuliers un point de vue commun.

    Ce que cherche Hegel, c'est de récupérer l'idéal de la Cité grecque en l'adaptant au monde moderne; le but étant de réconcilier les particularités et l'universalité. Il s'agit de retrouver l'hégémonie politique dans des conditions qui n'y sont pas propices. Cette universalité, c'est l'intérêt général. C'est en s'appuyant sur ce qui fait la concurrence des intérêts que l'on peut produire de la réunion. La société civile, pour Hegel, est un moment d'aliénation; l'Etat moderne qu'appelle Hegel est celui qui se pense à partir de la société civile (et non contre elle). Le rôle de l'Etat moderne hégélien est de rétablir le sens de l'universel.

    L'Etat n'est pas alors celui qui empêche ou combat la société civile, mais, au contraire, apporte le complément, attendu, demandé, par les individus pour créer le vivre ensemble. Et ainsi éviter les dérives de la société civile livrée à elle-même, avec la paupérisation qu'il constate dans les sociétés industrielles.

    Jean-François Kervégan voit ainsi dans Hegel les prémisses de la problématique de l'Etat de droit, élaborée dans la première moitié du XIXème siècle par les juristes libéraux. L'Etat a aussi pour fin, dans cette vision, de combler le fossé qui risque de se reuser entre l'universalité et la particularité, entre le politique et le social. C'est donc selon Hegel grâce aux institutions sociales que la société civile peut n'être pas seulement le terrain d'une guerre de tous contre tous.

     Cette conception subtile de l'Etat, et surtout l'analyse de la société civile, dans une conception plutôt libérale, elle nous permettait de réhabiliter Hegel , et de réfléchir à tous les défis d'aujourd'hui pour vivre ensemble, tant dans la cité politique que dans nos organisations, et dans la mondialisation.

    Mondialisation que Hegel, selon Jean-François Kervégan, citations à l'appui, avait anticipé dans le fonctionnement de la société civile.

    Trop fort ce Hegel ! Le moment de le (re) lire ?

  • Innovation2

     Un article de "The Economist" cette semaine, à propos d'une enquête sur "What do bosses do all day ?", cite cette pratique popularisée par Bill Gates : la "Think week".

    De quoi s'agit-il ?

    Il s'agit d'une sorte de retraite que Bill Gates se prend pour réfléchir au futur, isolé de tous, à lire et écrire. Il fait ça depuis 12 ans.

    Cette pratique est détaillée ici.

    Deux mois avant cette "Think week" il collecte, avec un assistant des documents et publications au sein de Microsoft. Puis, pendant la retraite, dans un endroit isolé au bord de l'eau, il va lire des centaines de documents, parfois de plus de cent pages, pendant des journées de 18 heures parfois. Puis il va écrire ses commentaires et réflexions sur ces lectures.

    A la fin de la semaine, il envoit des mails à des centaines de personnes, et rédige un "Think week summary" pour les cadres de Microsoft. Dans les semaines qui suivent, il tient des "follow-up meetings" sur ces réflexions et mails.

    tout est dit sur les facteurs de succés d'une telle démarche, que l'on pourrait assimiler à ce que Edward de Bono, le pape de la créativité, appelle "une pause créative".

    Tout est dans la préparation, la discipline de réflexion (la "Think week" n'est pas un moment de vacances), la prise de notes et la rédaction, et enfin le suivi des idées avec les réunions qui vont bien.

    Il est important, selon les conseils d'Edward de Bono, que cette "pause créative" soit déclenchée en dehors de tout problème ou contrainte spécifique; il ne s'agit pas de chercher des solutions à un problème, mais au contraire de faire une pause pour porter un regard différent ("latéral"), à une situation, pour juste prendre de la hauteur. L'important est de se focaliser sur un sujet, un thème, et d'y concentrer son attention, pour permettre à la pensée créative d'aller vers des solutions créatrices.

    Il est possible de s'entraîner à la pause créative sans pour autant y bloquer toute une semaine comme Bill Gates. Une habitude de prendre ce genre de pauses pendant quelques minutes, seul ou en groupe, est déjà un bon entraînement, à coup sûr. Et puis, au fur et à mesure, il est facile de le déployer l'exercice.

    Par exemple, là, juste maintenant, arrivé à la fin de ce post,…

    Que nous dit la pause créative ?

    Essayons ensemble…

  • Boardroom

     Rencontre cette semaine, à l'occasion du cycle sur "l'innovation managériale" de PMP, avec Geoffroy Roux de Bézieux (dont j'ai déjà parlé du livre ICI), Président de Virgin mobile, et Alain Bloch, directeur de HEC entrepreneurs.

    Le sujet était, forcément, les entrepreneurs.

    Pour mes deux invités, c'est une conviction forte : les entrepreneurs et les "entreprenants" (ceux qui se comportent comme des entrepreneurs dans leurs entreprises, leur labo de recherche, leur classe de professeur, leur Administration publique), sauveront le capitalisme.

    Mais alors, n'ai-je pu m'empêcher de leur demander, qu'est-ce qu'il faut faire pour avoir et démultiplier cet esprit d'entreprenant dans nos entreprises ?

    Pour Geoffroy Roux de Bézieux, ce qui empêche les collaborateurs de l'entreprise de prendre des initiatives, comme si il s'agissait de leur propre boîte, c'est notamment la peur de la sanction. Personne n'a envie d'être celui qui a lancé un produit qui n'a pas marché (car, alors, "ça balance sec à la machine à café"); car cela est considéré comme trop risqué pour sa carrière, son évolution.

    Alors, on se réfugie derrière ce que l'on croit qui protège : la collégialité.

    Et pour cela, il y a tout ce qu'il faut dans nos entreprises, surtout les plus bureaucratiques : "les COMTRUC, les COMBIDULES, les COMEX, etc…Tout ce qui permet d'occuper pendant des heures des salles de réunion ( ces pauvres petites filles riches…) où l'on fait semblalnt de prendre des décisions, dont personne, individuellement, ne pourra se sentir responsable. Ainsi, dans de tels systèmes, on ne sait pas, finalement, qui a pris la décision; comme ça, si ça foire, c'est la faute à personne.

    Cela vous rappelle quelque chose ? Ah, bon.

    Ainsi, pour donner de l'entrepreuneurship à nos entreprises, il faut oser prendre des responsabilités, des décisions, et les assumer; c'est à dire que l'entreprise doit encourager les échecs (non pas les admettre, en parler, les excuser; non, les encourager ; diantre !).

    C'est ainsi, Geoffroy roux de Bézieux nous le rappelle, que l'on redonne son vrai sens au terme de patron : il a une vison, il en convainct les autres; il fait partager.

    Nous sommes malheureusement souvent face à des patrons honteux; et donc critiqués.

    Les salaires des footballeurs ne posent pas de problèmes aux jeunes qui jouent au football dans les cités, car ilsq se disent avec envie que, si ils jouent bien au football, peut-être qu'ils pourront devenir comme leur star préférée, riche comme eux.

    Patrons, c'est une autre affaire : Personne ne se dit que, si il travaille bien à l'école, il pourra devenir patron, et riche comme eux; car il ressent cette cooptation entre énarques et élèves des grandes écoles comme une caste fermée à laquelle il n'aura jamais accés. D'où toutes les critiques sur les rémunérations des patrons.

    Celui qui casse ce schéma, c'est précisément l'entrepreneur; les organisations et les entreprises ne sont jamais entreprenantes; ce sont seulement les individus qui la composent qui sont des entrepreneurs; et plus il y en aura, plus l'audace, l'envie de conquête, pénètrera les entreprises, et renversera les faux pouvoirs.

    La question pour un patron de Business Unit, d'entreprise, de Branche, c'est justement danticiper le prochain coup, le bouleversement des business models ( et en ce moment, ça bouge vite, on l'a remarqué). La seule façon de s'en sortir c'est de laisser s'exprimer les gens entreprenants, ceux qui bousculent; et non de réunir en séminaires interminables les Comtrucs, les Combidules et les Comex de toutes sortes.

    Est-ce que ce discours est entendu ? Pas sûr, et Geoffroy Roux de Bézieux a reconnu lui-même qu'il avait parfois l'impression de "prêcher dans le désert". Mais est-ce une raison de ne pas essayer?

    Et si plusieurs entrepreneurs et patrons, et pas toujours les mêmes s'y mettent, peut-être que cela finira par changer ?

    On l'a compris, il y a du travail, pour les managers, et pour les consultants qui voudront porter ces modèles d'entrepreneurs de la performance.

    C'est peut-être ça la vraie innovation managériale.

    Il y a sûrement encore du boulot

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  • Elephant

    Aujourd'hui il y a plus de puces que d'éléphants. Et chacun a besoin de l'autre.

    C'est à cause de la mondialisation.

    Charles Handy en parlait il y a presque dix ans.

    C'est toujours, et plus que jamais, d'actualité.

    C'est le sujet de ma chronique du jour sur "Envie d'entreprendre".

    Vous vous sentez plutôt puce ou plutôt éléphant ?

    Ne vous grattez-pas; allez-voir directement ICI.

  • Tableau

    Dans le dialogue entre René Girard et Benoît Chantre que constitue "Achever Clausewitz" (et dont je poursuis la lecture, évoquée ICI ), on constate que la figure de Napoléon exerce sur Clausewitz un double effet : du rejet, car c'est contre Napoléon qu'est écrit "De la guerre", ce Napoléon qui a gagné la bataille d'Iéna en 1806 contre les Prussiens. Cette bataille précède le traité de Tilsit qui, en juillet 1807, va amputer la Prusse de la moitié  de son territoire, qui va perdre 5 millions d'habitants, et devoir une énorme indemnité de guerre.

    C'est précisément cette honteuse défaite qui va, au dire des historiens, alimenter tout le regain du nationalisme allemand, et les conflits du XIXème et XXème Siècle entre la France et l'Allemagne. Clausewitz est le théoricien de cet appel à la transformation de l'Allemagne.

    Mais, comme le remarque René Girard et Benoît Chantre, ce rejet comporte aussi, de la part de Clausewitz, une véritable fascination, admiration (?) de Clausewitz pour Napoléon. qui exerce sur lui un "désir métaphysique".

    Cette analyse est alors l'occasion de parler de cette distance difficile à trouver lorsque l'on regarde l'autre, une situation, un objet.

    Benoît Chantre rappelle cette citation de Pascal, qui évoque la distance qu'il faut pour voir un tableau, ni trop loin, ni trop près :

    " Il n'y a qu'un point indivisible qui soit le véritable lieu.Les autres sont trop près, trop loin, trop haut, ou trop bas. La perspective l'assigne dans l'art de la peinture, mais dans la vérité et la morale qui l'assignera ?".

    Dans toute situation, ce thème nous revient. Être trés près de l'autre est le signe d'uen forte empathie, mais qui devient mimétique quand elle est excessive;  l'excessive indifférence est tout aussi mimétique; et dans les deux cas ce mimétisme appelle la violence contre l'autre.

    Ce "point indivisible qui soit le véritable lieu" dont parle Pascal, c'est la charité. Et René Girard en conclue que :

    " A l'heure où la transcendance des modèles ne nous est plus donnée, c'est à nous qu'il importe de rétablir cette transcendance, en résistant à l'attraction irrésistible que les autres exercent sur nous et qui conduit toujours à la réciprocité violente."

    C'ette capacité à maintenir l'autre à distance, c'est  l'identification, elle trouve son inspiration dans le Christianisme, qui délivre précisément le message permettant d'échapper à l'imitation des hommes. Pour sortir de la spirale mimétique, cela consiste à ne plus imiter pour ne plus être imité.

    Car "imiter le Christ, c'est s'identifier à l'autre, s'effacer devant lui". L'identification à autrui est ainsi envisagée, par Benoît Chantre comme René Girard, qui convergent dans cette analyse, comme "une correction de notre tendance mimétique".

    Le mimétisme, source de désir et de violence, ainsi opposé, grâce à ce "point indivisible qui soit le véritalbe lieu" , à l'identification à autrui, elle-même inspirée par l'imitation du Christ.

    Voilà de belles réflexions pour apprendre à prendre du recul et à garder nos distances face aux situations, aux autres, et à nos émotions.

    Peut-être de quoi tirer un peu de sagesse pour  trouver sa place dans des situations de crise, de conflits, ou de changement. En fait, toutes situations.

  • Delacroix

    En ce moment certains ont envie de barricades : envies de protectionnisme, envie d'empêcher les méchants chinois de nous vendre des produits moins chers, empêcher ces pays qui payent leurs ouvriers avec des cacahuètes de nous envoyer ces produits sataniques élaborés dans la honte sociale.

    Ce n'est plus la liberté qui guide le peuple, c'est le geôlier de la prison volontaire.

    Allons-nous y croire ?

     La voix libérale, celle qui vante le libre échange, c'est vrai qu'elle a du mal à se faire entendre.

    C'est pourtant ce qu'essaye de faire en ce moment Alain Madelin avec son blog, tout neuf, son article dans la Tribune tous les lundis, et celui sur le libre échange repris dans le blog, ou sa participation au Talk Show du Figaro (visible ICI).

    Il nous rappelle ainsi que le consommateur qui achète une paire de chaussures importée à 110 € au lieu de celle à 200 € fabriquée en France, économise ainsi un pouvoir d'achat supplémentaire de 90 €; et ces 90 € vont probablement bénéficier à un autre producteur, qui lui aussi, fera un bénéfice. Et les 110 € qui auront été encaissés par le producteur étranger "vont revenir aussi, directement ou indirectement, sous forme d'achat de bien ou de service dans notre économie au profit d'un autre producteur".

    Ainsi :

    " Tout avantage obtenu par le producteur d'une activité protégée se fait nécessairement aux dépens du consommateur et de deux autres producteurs selon la règle "un profit, deux pertes"".

    Le libre échange est toujours gagnant-gagnant.

    Bien sûr, Alain Madelin le note, si l'économie nationale n'est pas compétitive , les nouveaux emplois de substitution ne voient pas le jour. Mais ce n'est pas la faute du libre-échange, et que c'est au contraire en maintenant artificiellement des emplois dans des secteurs et entreprises protégés, mais dépassés, qu'on empêche justement les investissements dans les filières porteuses de dynamisme ( comme je l'ai déjà mentionné quand j'ai parlé de destruction créatrice).

    En fait, en protégeant ainsi durablement un secteur non compétitif sur le territoire un pays ne fait que se pénaliser lui-même.

    Autre dénonciation d'Alain Madelin, cette histoire de "dumping fiscal" : ouh les vilains pays où on paye pas d'impôts élevés comme en France; vite il faut se protéger, là encore; Car c'est de la concurrence inacceptable, ça, madame.

    Là encore, Alain Madelin remet la pendule à l'heure :

    " Assurément beaucoup de pays ont des impôts inférieurs aux nôtres : un faible impôt sur les sociétés en Irlande, un impôt au taux unique d'environ 20% dans les pays baltes, pas d'ISF en Allemagne,.Mais cela correspond à une dépense publique inférieure. Qui doit se rapprocher de qui ?".

    " Quand aux salaires, s'ils sont bien entendu plus faibles dans les pays pauvres, c'est que la productivité globale y est beaucoup plus faible. Augmenter le coût du travail dans ces pays reviendrait à supprimer leurs avantages comparatifs et à les condamner à la pauvreté !".

     Pas facile de faire entendre ce discours aujourd'hui; c'est pourtant lui qui appelle à investir dans la compétitivité et l'innovation, qui inspire les stratégies les plus audacieuses des entreprises et des entrepreneurs.

    Face à ceux qui font leur lit dans le slogan du "capitalisme à bout de souffle", voire même "capitalisme à l'agonie", d'autres veulent "sauver le capitalisme".

    Cette discussion transcende les courants politiques traditionnels. Les entreprises et leurs managers vont pouvoir participer au débat,…un libre échange d'idées ?

    La liberté guidant le Peuple ?  

  • Desirmimetique

     René Girard explore depuis maintenant cinquante ans le même sujet, sur lequel sa pensée et ses recherches ont évolué. Ce sujet c'est celui du fondement de la culture qu'il identifie dans la rivalité et la violence. Bel exemple de cosntance, qui rend sa pensée à la fois originale, mais aussi complexe, car il n'est pas facile d'absorber tous les ouvrages de l'auteur.

    Mais c'et aussi une pensée qui fascine.

    Certains ont essayé d'en donner une synthèse "pour les nuls", comme ICI.

    La parution cette année de l'ouvrage de 2007, dans une édition revue et augmentée, " Achevez Clausewitz", un dialogue de René Girard avec Benoît Chantre, avec une postface inédite de ce dernier, est l'occasion de revenir vers cet auteur. Je vous en recommande l'expérience.

    Cet ouvrage permet de revenir sur un des concepts clé de René Girard, le désir mimétique, qu'il a mis en évidence dans ses recherches sur les religions et le sacré, et qu'il voit à l'oeuvre dans l'ouvrage célèbre de Clausewitz, "L'art de la guerre", paru de manière posthume en 1832.

    Ce concept de désir mimétique rompt complètement avec une conception traditionnelle selon laquelle nous désirons un objet en raison de ses propriétés intrinsèques, ou sa valeur d'usage. Pour René Girard, ce qui fait que nous désirons un objet, c'est que nous voulons imiter le désir de l'autre (cet autre étant appelé par René Girard le "médiateur") : il y a donc une relation triangulaire entre le médiateur, l'objet, et le sujet imitant Cette relation aboutit à une rivalité toujours croissante, dont l'issue ne peut être que la violence. En imitant le désir de l'autre, le sujet rival ne fait que renforcer le désir de celui-ci pour l'objet qu'il possède. Dans un tel jeu, avec les mêmes désirs, l'objet de l'imitation devient donc la violence elle-même.

    L'intuition de René Girard, c'est que tous nos désirs finissent par se ressembler, que nous voulons tous la même chose, et que c'est parce que l'on se ressemble de plus en plus que l'apocalypse et la violence nous menacent. il en voit les prémisses dans l'ouvrage de Clausewitz, mais le phénomène s'est propagé.

    Ainsi, constate-t-il, le mimétisme s'étant emparé de la planète, à l'heure de la mondialisation, la lutte s'annonce entre la Chine et les Etats-Unis :

    " Il s'agit en fait d'une lutte entre deux capitalismes qui vont finir par se ressembler de plus en plus.

    Les chinois subissent moins l'attraction du modèle occidental qu'ils ne l'imitent pour triompher de lui. Leur politique est peut-être d'autant plus redoutable, qu'elle connaît et maîtrise le mimétisme.

    Avez-vous entendu dire, par exemple, qu'on vole du cuivre en masse partout ? On en vole même pour le revendre, cela vient de se passer en France. C'est à cause des chinois, qui en ont un besoin fou pour leurs constructions. C'est le cuivre aujourd'hui, ce sera demain le pétrole. La montée du prix du baril, c'est la Chine, ce n'est pas du tout la peur de la guerre. Les chinois ne vont pas s'arrêter, ils veulent battre les américains, ils veulent qu'il y ait plus de voitures chez eux qu'en Amérique. Toujours plus de luxe que son modèle".

    C'est ce que René Girard appelle "l'indifférenciation" qui amène à cette guerre. Et qu'il va trouver dans Clausewitz :

    " Clausewitz nous montre que la réciprocité structure les échanges, qu'une loi de guerre régente secrètement tous les rapports humains. Cette conscience est donc trés révélatrice d'un délitement des institutions guerrières et commerciales, de moins en moins capables de cacher le duel".

    Car ce que l'on trouve dans l'affrontement guerrier se retrouve aussi dans le commerce, que Clausewitz compare aussi à la guerre, et qui inspire bien sûr René Girard dans sa thèse.

    " Clausewitz comprend qu'il y a une dimension sacrificielle et guerrière dans la monnaie, que "bataille décisive" et "paiement en espèces" continuent de s'équivaloir, à la différence que le "règlement" est moins fréquent dans le domaine des guerres stricto sensus et plus fréquent dans celui du commerce".

    Le commerce entre nations ou acteurs économiques est une poursuite de la guerre, on échange des biens et de l'argent pour éviter de s'échanger des coups. L'échange, qu'il soit commercial ou guerrier, est en fait une institution, c'est à dire une protection, un moyen. On peut d'ailleurs assez vite passer passer du commerce à la guerre en accusant l'autre de concurrence déloyale, de dumping, ou n'importe quoi pour refuser le "règlement". On retarde le "paiement en espèces", les marchés et les échanges se compliquent mais ne font que différer l'affrontement, qui est l'issue incontournable.

    Dans cette vision d'une mondialisation débouchant sur la violence, René Girard se distingue de tous ceux qui veulent nous la faire voir "heureuse". Et c'est pour cela qu'il nous parle d'"achever Clausewitz" :

    " Il nous faudra bien achever ce que Clausewitz n'a fait qu'entrevoir, dans ce cadre interétatique, qui ne correspond plus aux affrontements de notre époque. Car le "paiement en espèces", le corps à corps, n'existe plus aujourd'hui, ou en tous cas plus de la même manière. Nous sommes entrés dans l'ère des guerres technologiques, du "zéro mort" qui sont la nouvelle modalité du duel."

    Cette lecture des rapports entre des entités, des acteurs, qui se resemblent, qui désirent et s'imitent, elle nous parle de la mondialisation, du commerce, des mouvements de masse où les consommateurs, les entreprises, les compétiteurs, s'engoufrent, dans cette indifférenciation, qui débouche sur l'affrontement. L'histoire ne s'arrête pas; on est soit l'agresseur, soit l'agressé, et on change derôle et de posture sans arrêt.

    Cette relecture de René Girard ne peut que nous aider dans notre clairvoyance et compréhension des relations politiques, économiques et sociales.

  • Mmaudit

    J'avais déjà fait un post sur les capacités managériales du personnage ICI..

    Je retrouve ce trait, à propos du même personnage :

    "Tout faire soi-même. La litanie des mauvais managers qui ne savent ni déléguer, ni responsabiliser. Avec cet état d'esprit, il ne serait pas capable de diriger une PME de six salariés".

    Celui dont on parle, c'est Nicolas Sarkozy, bien sûr,  Président de la République française, qui gouverne un pays de plus de soixante millions d'habitants. Et celui qui l'épingle ainsi, c'est Franz -Olivier Giesberg, dans son nouvel opus, " M. le Président".

    Contrairement aux patrons, qui peuvent se faire plus discrets,  le métier de Président de la République est, grâce à ce type de journalistes, trés exposé; on sait tout sur lui, ses tics, ses petites phrases. Franz-Olivier Giesberg est un orfèvre; il note tout ce qu'il entend dans des cahiers à spirales, et il balance dans un livre. C'est le cas de celui-ci.

    Ce qui le rend sympathique, à lire son livre, c'est de voir qu'il n'est pas dupe de son affaire :

    " Je plains les politiques, je les plains bien sincèrement. Quand, par leur talent et leur travail, ces pauvres diables réussissent à sortir du lot, ils deviennent le matériau de base des scribouillards frivoles et irresponsables dans mon genre, qui s'en saisissent pour les broyer, le temps d'un livre ou d'un article, sous leurs espiègleries ou leurs dénigrements systématiques".

    En même temps, ils doivent être un peu complices car ils savent bien, quand ils parlent à des journalistes, que tout ça se retrouvera à un moment ou à un autre écrit quelque part…

    En tout cas, l'ouvrage tient ses promesses. Le Président, c'est "M. le président", comme le personnage de "M. le maudit" du célèbre film de Fritz Lang : il est tout de suite repéré, et il est bien chargé.

    Mais, comme dans le film, l'ouvrage de Franz-Olivier Giesberg parle autant, voire plus, de l'auteur que de Nicolas Sarkozy; car en le lisant on en apprend aussi beaucoup sur l'auteur, ses admirations pour Nicolas Sarkozy, qui l'a impressionné dans sa gestion des crises, et ses sourires distants quand il le voit faire devant lui son cinéma.

    Et cela n'arrête pas; Nicolas Sarkozy parle tout le temps, beaucoup, car il sait tout sur tout mieux que tout le monde :

    " C'est ainsi que Nicolas Sarkozy explique sans cesse leur métiers aux industriels, aux producteurs de cinéma ou aux patrons de presse. Prière d'opiner. Génie sans frontière, il connaît la solution magique pour tous. Si on l'écoutait, tout irait tellement mieux. Même les trains arriveraient à l'heure".

    Et cette conviction, qui le fait se sentir si seul, " de n'être entouré que de charlots et de zombies", ceux qu'il traite de "connards" ou de "valises sans poignées" (paraît-il une de ses expressions favorites).

     Alors, il parle :

    " Parlant tout le temps et s'étourdissant de ses discours, il ne peut, bien sûr, écouter personne. Il est épuisant et saoulant, comme tous les moulins à paroles".

    C'est un de ses ministres, cité, mais non identifié, qui dit de lui :

    " Souvent, quand il est dans ses transes éructantes, on a envie de lui jeter un verre d'eau à la figure. Pour son bien. Pour le rafraîchir et pour qu'il s'accorde une pause".

    Ce personnage qui parle tout le temps et n'écoute pas, Franz-Olivier Giesberg l'appelle "l'enfant-roi", c'est le titre d'un des chapitres. C'est l'attitude qui consiste à s'énerver fort quand il a affaire à quelqu'un qui n'est pas d'accord avec lui, ou le contredit; Nicolas Sarkozy est ainsi décrit comme un enfant-roi qui ne s'arrête jamais. 

    " En plus, celui-là est un surdoué qui a décidé qu'il serait le meilleur. Par exemple le président qui a fait le plus de kilomètres à travers le monde. Celui qui a mis en oeuvre le maximum de réformes".

    Etc…" S'il faisait le Tour de France, il lui faudrait gagner toutes les étapes".

    Il y a une autre face à ce portrait : ce personnage enfant-roi, qui fait tout pour faire le vide autour de lui, se faisant détester par certains, et a tellement envie de reconnaissance, il inspire aussi, comme un homme blessé,  une forme de compassion, que Franz-Olivier Giesberg ressent aussi.

    Et l'épilogue de ce récit est particulièrement troublant, comme une pirouette qui vient tout remettre en cause.

    Cela se passe le jour de la Saint Valentin, le 14 février 2011 : Nicolas Sarkozy a invité Franz-Olivier Giesberg à déjeuner.

    " Je serai la midinette. Il sera mon prince. La messe est dite".

    Dans le récit de cet entretien, on y voit un Nicolas Sarkozy parlant de littérature, citant les auteurs, Steinbeck, Levi-Strauss, Sartre ("Tu connais Les Mots de Sartre, avec sa construction en deux parties), Camus, Céline.Franz-Olivier Giesberg en est bluffé :

    " En vieux journaleux, professionnel de l'incrédulité, je n'en reviens pas. (…). Il assure. Y compris quand la conversation roule sur des auteurs de mon choix, comme Prosper Mérimée, ou que je laisse une phrase en suspens, pour qu'il la termine.

    Depuis un quart de siècle que je le fréquente, Nicolas Sarkozy ne m'a jamais laissé entrevoir cet aspect-là de son univers personnel. S'il avait juste potassé quelques fiches dans les jours qui précèdent, je l'aurais démasqué. Si sa science est récente, ce que je subodore, il a déjà beaucoup lu. Mais bon, contrairement à la légende que j'ai contribué à entretenir, il est tout sauf inculte : quitte à passer définitivement pour un gogo ou un couillon, je dois à la vérité de le reconnaître".

    On lit ça comme un roman : qui berne l'autre ? Faut-il y croire ? Doit-on y voir la fourberie de l'un, qui a choisi le bon sujet de la littérature et de la culture pour faire douter, voire changer, l'autre ? Ou bien est-ce une preuve que M le président n'est pas celui dont on cru lire le portrait complet dans les 250 pages précédentes ? Au point de douter : " Je me demande si je ne devrais pas réécrire plusieurs pages de mon livre".

    Et les dernières lignes sont éclairantes sur le trouble qui a saisi l'auteur :

    " Parfois il faut cinquante ans pour faire un homme. Parfois soixante. Nicolas Sarkozy n'est plus tout à fait le même. Il a peut-être enfin commencé à se trouver.

    Il est fait; il est fini".

    On dirait la fin du premier tome d'une saga qui ne s'arrêtera pas; comme si on n'avait pas encore tout vu; qu'une nouvelle page était prête à s'ouvrir. Avec toute la double signification de ce mot de "fini". Jolie formule en effet.

    Ce personnage enfant-roi n'a peut-être pas tout révélé finalement.

    C'est du moins sur cette impression que nous laisse ce dernier bon roman de Franz-Olivier Giesberg. 

    En bonus : un séance de confidences de F.O.G par Sarkozy :

     

    http://www.dailymotion.com/swf/video/xi0uzf

    Nicolas Sarkozy raconté par Franz-Olivier Giesbert par FranceInfo

  • Creative_Destruction_100x10

    On le sait tous qu'on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs.

    C'est la même chose pour développer nos entreprises, l'économie : c'est le principe de la "destruction créatrice" chère à Shumpeter.

    C'est précisément le sujet de ma chronique du mois sur "Envie d'entreprendre".

    Il faut détruire pour construire, et plus on détruit, plus on se développe.

    La France, malheureusement, est en retard.

    Comment s'en sortir ?

    Sortez de votre coquille pour aller y voir ICI.