Ne cherchez plus, c’est lui, du moins selon Sam Altman, le DG de Open AI, et son créateur : « S’il reste sur sa trajectoire actuelle, chatGPT deviendra le plus gros site web du monde ».
On n’en est pas loin, puisque chatGPT est aujourd’hui le cinquième site le plus visité au monde (2,5 milliards de messages par jour, soit 29.000 par seconde), et touche 10% de la population mondiale (toujours selon les déclarations d’Open AI, qui revendique 700 millions d’utilisateurs hebdomadaires, quatre fois plus qu’un an plus tôt).
Mais que font-ils tous sur chatGPT ?
Le Monde y consacrait justement une page entière le mois dernier, à partir de statistiques et de témoignages.
Car, en fait, ce sont les usages non professionnels qui dominent et montent en puissance ; On en est à 73% en juin 2025 (53% un an plus tôt). Et qui sont ces utilisateurs non professionnels ? A 46%, le jeunes de 18-25 ans dominent les messages envoyés à chatGPT.
Et on demande quoi à chatGPT ? Pour 28%, on cherche des conseils pratiques, par exemple pour l’éducation. 24% cherchent de informations sur des personnes, des évènements, des produits, des recettes de cuisine. 29% cherchent à écrire un texte, un e-mail, un rapport, et aussi à résumer ou traduire un document.
Pourquoi pas.
Les témoignages recueillis par les journalistes du Monde sont édifiants.
Comme celui de Marie, dont la fille refusait d’enfiler ses chaussettes. Direct chatGPT pour savoir quoi faire : « L’IA m’informe que ce n’est surtout pas le moment de punir, ni de lever la voix. Elle m’explique que c’est un passage difficile pour elle, et qu’elle exprime son malaise émotionnel. Elle me conseille de la rassurer ». En fait chatGPT est devenu le psy de Marie, plutôt bienveillant apparemment.
D’ailleurs les réponses de chatGPT ne sont pas les mêmes pour tout le monde, il tient aussi compte de la personnalité (du moins de ce qu’on lui en dit) de celui ou celle qui l’interroge.
Autres utilisateurs assidus, les étudiants, comme Gabriel, témoins pour Le Monde également, qui devant un sujet de dissertation, ne peut s’empêcher de demander de l’aide à chatGPT. Un autre témoin, Nel, lâche le morceau : « On n’avait pas le temps de tout réviser. On était en mode « on l’utilise » parce que c’est plus simple ». L’idéal pour résumer articles et documents, synthétiser les cours. Nel est conquis : « On interagit comme avec un humain. C’est rapide, ça nous plait. Du coup, c’est notre Google, quoi ».
Mais les profs s’y mettent aussi, pour préparer et compléter leurs cours.
Pareil à la maison, pour savoir quoi cuisiner avec le contenu du frigo.
Et aussi pour sortir, trouver des occupations culturelles, visiter un pays, une ville. Gros problème pour les guides touristiques qui en perdent des lecteurs.
Souci aussi pour les agences de voyages ; chatGPT peut nous proposer d’organiser nos vacances, spécifiquement en fonction de qui voyage (des enfants, des personnes âgées).
Abdel qui cherchait à se loger à Paris, a aussi trouvé son bonheur sans consulter les petites annonces, ni les agences immobilières : « J’ai demandé à chatGPT de me trouver des plateformes proposant uniquement des colocations. Il m’en a donné trois, qui n’étaient pas apparues quand je cherchais sur Google ».
Mina, elle, en a fait son conseiller bancaire : « Je veux acheter un deux-pièces, à Saint-Ouen. Il m’a fait un plan d’épargne dans un tableau Excel pour réussir à mettre quelques centaines d’euros de côté tous les mois ».
D’autres s’en servent pour demander des avis médicaux avant même de voir un médecin.
Et ça marche aussi pour des conseils sportifs, comme l’a fait Antoine : « J’ai pris une photo de moi torse nu et j’ai demandé à l’IA de me préparer un plan pour me renforcer chez moi ». Il a suffi de quelques secondes pour qu’il obtienne un programme de mise en forme sur six semaines, avec des exercices et des schémas. Et même des rappels quotidiens sur son téléphone.
Est-ce que ça va trop loin ? Faut-il empêcher certaines pratiques ? Certains commencent à s’inquiéter devant des situations où chatGPT devient un confident qui peut aussi mettre en risque. Cela crée des envies d’interdits parmi les plus acharnés. Mais les accros ont du mal à s’en défaire.
Au point que l’on prédit maintenant que l’utilisation de chatGPT, et autres plateformes du même type, va peut-être remplacer les sites internet et moteurs de recherche traditionnels. Pourquoi scroller sur Google si chatGPT effectue la recherche et le tri pour moi ?
Les marques l’ont déjà compris, et mettent en place des stratégies pour être citées par les plateformes comme chatGPT. C’est le nouveau métier de GEO (Generative Engine Optimization). Car ce sont maintenant les plateformes qui interrogent les sites et non plus les utilisateurs. Pami ceux qui l’ont constaté, Wikipédia, qui a vu son trafic « humain » reculer de 8% entre 2024 et 2025. Même constat pour un site comme Marmiton ou Doctissimo, selon leur dirigeant, cité par Le Figaro du 24 novembre : «On s’est rendu compte que les LLM se servaient massivement sur nos sites, avec près de 120 millions de passages par jour ».
On passe ainsi d’un web de navigation à un web de conversation pour obtenir les réponses dont on a besoin.
Mais il y a un danger, comme le souligne un expert interrogé par Le Figaro : « Plus l’IA remplace les sites et les moteurs de recherche, moins ces derniers génèrent de trafic et de revenus, et donc moins ils produisent de contenu nouveau. Et si l’IA affaiblit trop le web dont elle dépend, elle finit par fragiliser sa propre existence ».
Autre crainte, indiquée par un commentaire dans cet article du Figaro, la limitation de la liberté individuelle : « Cela va à l’encontre de la liberté individuelle. Les IA vont ainsi formater les opinions et limiter l’esprit de recherche de la diversité des idées. Comme pour les sites marchands, où ils vont limiter la concurrence en opérant et imposant leurs propres choix ».
Le débat n’est pas terminé.

Apporter, trouver du neuf, de nouvelles idées, voilà un sujet pour les entreprises, et les dirigeants et managers lorsqu’ils racontent leurs enjeux professionnels.
Dans l’entreprise, c’est un sujet qui revient souvent dans les préoccupations : l’engagement des collaborateurs. Il s’agit de débusquer ce qui permet de créer cet engagement dans les entreprises, c’est-à-dire à l’initiative de la direction, pour enrôler l’enthousiasme des salariés.
Dilemme de dirigeant : Je voudrais créer une nouvelle B.U (Business Unit) pour centraliser les activités de « Software » de l’entreprise, en transversal des B.U « Produits ».
Encore entendu cette semaine un dirigeant avouant devant son Comex réuni : Oui, sur l’IA générative, nous sommes en retard.
Un Comité de Direction, un groupe Projet, est-ce suffisant pour constituer une équipe?
Qu’est-ce qui permet de manager correctement ? Les tableaux de bord, ou le contact permanent avec le « terrain » (l’usine, les travailleurs, les vrais, l’atelier, les chantiers) ?

