Sylvie Dans le chapitre "Symphony" de son ouvrage "A whole new mind", Dan Pink nous recommande de dĂ©velopper notre capacitĂ© Ă  assembler des sujets variĂ©s, et Ă  connecter des personnes trĂ©s diffĂ©rentes, comme un chef d’orchestre dirige une symphonie.

Pour dĂ©velopper cette compĂ©tence, il conseille d’ĂȘtre un "metaphor maker", capable de comparer des thĂšmes et sujets variĂ©s. A titre d’exercice il conseille de tenir un "metephor log", c’est Ă  dire de noter toutes les mĂ©taphores que l’on entend ou que l’on lit, afin de dĂ©velopper cette agilitĂ©.

Tout de suite, mon esprit chantant me fait penser Ă  cette mĂ©taphore d’une chanson de sylvie Vartan, "L’amour, c’est comme une cigarette…" :

"Lamour, c’est comme une cigarette,

Ca brĂ»le et ça monte Ă  la tĂȘte,

Quand on ne peut plus s’en passer,

Tout ça s’envole en fumĂ©e…."

C’est vrai que les mĂ©taphores n’ont pas bonne rĂ©putation dans le monde de la pensĂ©e et du management; Comparaison n’est pas raison, et une mĂ©taphore c’est pas du tout scientifique, ça ne prouve rien, c’est fait pour les dilettantes chantants, pas pour les managers.

Alors, c’est vrai que ce conseil de Dan Pink est un peu inhabituel.

Et son conseil de dĂ©velopper notre "MQ", c’est Ă  dire notre "Metaphor Quotient" est bien en ligne avec cet Ă©quilibre entre cerveau gauche et cerveau droit.

Alord, forcĂ©ment je ne pouvais pas rater cette superbe mĂ©taphore citĂ©e dans l’ouvrage de Mihaly Csikszentmihalyi, "La crĂ©ativitĂ©", en rĂ©fĂ©rence au livre de Burke et Ornstein, "The Axemaker’s gift" (Le cadeau du fabricant de haches).

De quoi s’agit il ?

Ornstein compare en fait les inventions humaines, et tout ce qui apporte innovation et changement, comme des "cadeaux du fabricant de haches".

En effet, "lorsqu’une hache en mĂ©tal est introduite pour la premiĂšre fois dans une tribu qui ignore les mĂ©taux, tuer devient plus facile et les relations sociales, les valeurs culturelles du groupe se dĂ©tĂ©riorent.En un sens, toute innovation est un cadeau du fabricant de haches."

On pense bien sĂ»r Ă  tout ce qu’apporte l’industrie du tabac, de l’alcool, la recherche nuclĂ©aire, etc…

Mais en fait, tout objet, tout changement a nĂ©cessairement sa part d’ombre qui peut se rĂ©vĂ©ler parfois trop tard, et tout progrĂšs contient sa part de danger.Il est en effet difficile de prĂ©voir toutes les consĂ©quences du changement. Tenez, Mittal-Arcelor, c’est fait; Et que va-t-il se passer maintenant ? Le fabricant de haches a fait son travail; Observons cette nouvelle tribu ArcelormittalisĂ©e…..

C’est pourquoi il est tout aussi absurde de refuser tout changement, que d’y croire bĂ©atement. Plus on modifie l’environnement d’une entreprise, d’un territoire, d’une organisation, plus on a de risques de produire des effets indĂ©sirables en mĂȘme temps que les effets recherchĂ©s.

C’est pourquoi tous ceux qui nous font croire que les individus crĂ©atifs, qui veulent tout le temps tout changer, ne peuvent nous faire aucun tort nous mentent et se trompent.

La crĂ©ativitĂ© et le changement sont comme des mĂ©dicaments, ils ont leur part d’effets secondaires, et doivent ĂȘtre prescrits par de bons mĂ©decins (tiens, encore une mĂ©taphore..).

Il est tout aussi erronné de croire que le progrÚs est toujours souhaitable que de le refuser systématiquement.

Mais il est de bon conseil de nous donner Ă  rĂ©flĂ©chir sur ces "cadeaux de fabricant de haches"…

Ce qui n’empĂȘche pas d’aimer Sylvie Vartan non plus……

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Une rĂ©ponse Ă  « Sylvie Vartan et le cadeau du fabricant de haches »

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